HEILIGENDAMM (Allemagne), 5 juin (XINHUA) -- Avec
les vrombissements des hélicoptères, les habitants de Kuehlungsborn,
une station balnéaire allemande sur la mer Baltique, voient leur vie
tranquille perturbée par l'arrivée de plus de 4.000 journalistes et d'un
millier de policiers en prévision du sommet des pays les plus
industrialisés du G8.
A la veille de l'ouverture de ce sommet, la ville de
Heiligendamm, située à 8 km de Kuehlungsborn, a déjà été bouclée par
les policiers allemands il y a quelques jours avec des barrières érigées
autour des lieux des discussions.
Selon les médias allemands, le gouvernement de
Berlin a mobilisé plus de 16.000 policiers dans les environs de
Heiligendamm afin de renforcer la sécurité pendant le sommet du G8.
La plupart des journalistes chargés de la couverture
de cet événement sont convoqués à Kuehlungsborn, l'accès à Heiligendamm
étant strictement limité.
"Nombre d'habitants sont déjà partis en vacances
d'été il y a plusieurs semaines", raconte Heinz Kosste, un septuagénaire
qui vit depuis quarante ans à Kuehlungsborn.
Manque de touristes et crainte de
manifestations
Les administrations locales, qui cherchaient en vain
à réduire le taux élevé du chômage, estimé à 18%, envisagent de promouvoir
le secteur du tourisme local, tout en espérant attirer un grand
afflux de touristes étrangers avec la tenue du sommet du G8.
"Kuehlungsborn est une belle station balnéaire, mais
peu de personne le sait", se réjouit M. Kosste.
Toutefois les attentes de l'administration et des
habitants ne se réalisent pas.
Le manque de touristes s'explique par le temps froid
et la crainte d'affrontements violents entre les anti-G8 et les
policiers au cours du sommet, dit Joerg Schoof, un commerçant qui
gagne sa vie en louant des chaises longues sur la plage.
Samedi dernier, une manifestation s'est soldée en un
affrontement violent entre plus de 400 policiers et un millier de
manifestants dans la ville de Rostock, à 25 km de Heiligendamm.
Toujours à Rostock, quelque 500 personnes ont
manifesté mardi après-midi contre l'arrivée du président américain, George
W. Bush.
Cependant, M. Schoof se dit ravi de voir
le rendez-vous des dirigeants des pays industrialisés qui doivent se
pencher notamment sur le changement climatique, le développement en
Afrique, les négociations commerciales du cycle de Doha, ainsi que le
déploiement d'un bouclier antimissiles américain en Europe de l'Est.