BERLIN, 5 juin (XINHUA) -- Il est trop tôt pour que
les économies émergentes rejoignent formellement au G8, a estimé mardi
à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel.
"Le sommet de cette année s'engage sur une nouvelle
voie en lançant un dialogue considérablement plus intense avec les pays
émergents que sont la Chine, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud
et le Mexique sur nombre de problèmes communs", a dit Merkel dans une
interview à l'agence de presse allemande DPA.
"Beaucoup de personnes se demandent, et c'est
normal, si les nations du G8 peuvent résoudre seules les grands problèmes
mondiaux, ou si nous devrions tenir compte du fait que la Chine et l'Inde
par exemple sont devenu des économies à forte croissance et forts taux
d'exportation", a-t-elle ajouté.
"Bien qu'il soit encore trop tôt pour ouvrir le G8 à
d'autres membres, nous avons besoin d'un dialogue permanent qui permet
d'être à jour et de prendre en compte leur poids politique
considérable", a-t-elle estimé.
Sur la Russie, Merkel a dit qu'elle espérait que le
président russe Vladimir Poutine coopérerait au sommet du G8 de trois
jours, qu'elle accueillera du 6 au 8 juin à Heiligendamm.
A la question de savoir si elle devrait jouer les
médiateurs entre le président américain George W. Bush et Poutine dans
leur différend sur le projet de bouclier antimissile américain en
Europe de l'est, elle a répondu "Je suis sure qu'ils finiront par
s'entendre, avec ou sans moi".
Elle ne s'attend pas à ce que la Russie fasse
obstruction aux sujets débattus au sommet, déclarant que "je m'attends
sincèrement à des discussions constructives de tous les côtés plutôt qu'à
une attitude d'obstruction".
"L'éventail des sujets sur lesquels, si nous sommes
unis, nous pouvons progresser, est large, allant du Kosovo au problème du
nucléaire iranien en passant par Moyen-Orient, l'Afrique et les
changements climatiques", a dit Merkel.
A la question de savoir si elle voyait une nouvelle
guerre froide se profiler, Merkel a répondu un "non" catégorique. "Une
coopération intense avec la Russie est dans l'intérêt de toutes
les parties impliquées. Mais nous devons chercher la même intensité
pour les questions sujettes à controverse", a-t-elle estimé.
La Russie et les Etats-Unis sont à couteaux tirés
en raison du projet américain de déploiement d'un dispositif antimissile
en Pologne et en République tchèque.