
WASHINGTON, 30 mai (XINHUA)
-- L'ambassadeur du Soudan aux Etats-Unis, John Ukec Lueth, a dénoncé
mercredi les sanctions imposées par Washington contre Khartoum suite aux
conflits au Darfour, soulignant que cette mesure ne ferait qu'aggraver la
situation dans la région.
"Il s'agit d'un mauvais remède car les sanctions
économiques vont en fait empirer la situation au détriment du peuple
soudanais en général, et du peuple du Darfour en particulier", a fait
savoir M. Lueth lors d'une conférence de presse.
Parmi les sujets les plus touchés par les sanctions,
il a cité entre autres les personnes démunies, ainsi que les entreprises
agricoles et pétrochimiques.
Ces sanctions risquent de saboter les accords de
paix globaux, notamment celui pour le Darfour et celui pour l'est du
Soudan, a-t- il poursuivi.
En outre, l'envoyé soudanais a accusé Washington de
créer des seigneurs de guerre en imposant des sanctions.
"Au moment où a été signé l'accord de paix au
Darfour, il existait seulement trois groupes rebelles majeurs au Darfour.
Actuellement, il en existe 19", a-t-il martelé.
Les rebelles cherchent à plonger le pays dans le
chaos et la population dans l'horreur en se livrant à une série d'attaques
et de pillages contre les garnisons, les habitants et le personnel
humanitaire, a déploré l'ambassadeur.
Mardi, le président américain, George W. Bush, a
imposé des sanctions économiques contre le gouvernement soudanais pour
l'insuffisante coopération de ce dernier en matière d'envoi des
Casques bleus au Darfour.
Ces sanctions prennent pour cible les entreprises
pétrolières nationales, ainsi que trois individus, dont un dirigeant
rebelle impliqué dans les violences au Darfour.
Les Etats-Unis ont aussi multiplié les consultations
avec la Grande-Bretagne et leurs autres alliés, en vue de faire adopter
une résolution de l'ONU pour exercer plus de pressions sur les
autorités soudanaises au sujet du déploiement des forces
internationales du maintien de la paix.
Khartoum, qui a accepté les deux premières phases du
programme onusien pour le maintien de la paix au Dafour, a refusé la
troisième étape qui consiste à créer une force hybride ONU-UA.
Le Soudan reste toujours en proie à une insurrection
des rebelles déclenchée en février 2003, faisant de nombreux victimes
et déplacés dans le pays.