BEYROUTH, 30 mai (XINHUA) -- Le Premier ministre
libanais, Lahoud Seniora, a apprécié mercredi soir l'adoption d'une
résolution par le Conseil de sécurité de l'ONU visant à créer un
tribunal international pour juger les suspects impliqués dans le
meurtre de l'ancien Premier ministre libanais, Rafik Hariri.
Lors d'une intervention télévisée, M. Seniora a
indiqué que la création de ce tribunal ne vise aucun pays en particulier
et que l'adoption de la résolution marque une victoire pour tous les
citoyens libanais.
L'adoption de la résolution signifie le soutien
international vis-à-vis de l'indépendance et de la souveraineté du Liban,
s'est félicité M. Seniora.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté
mercredi la résolution par 10 voix contre 15, parmi les 15 membres du
conseil, cinq pays se sont abstenus : l'Afrique du sud, la Chine,
l'Indonésie, la Russie et le Qatar.
La résolution prévoit l'entrée en vigueur
automatique le 10 juin de la convention conclue en novembre dernier entre
l'ONU et le Liban créant ce tribunal, à moins que d'ici là les parties
libanaises s'entendent pour ratifier cette convention.
Le texte parrainé par les Occidentaux indique
également que le lieu de ce tribunal doit être déterminé après
consultations avec le gouvernement libanais et la conclusion d'un accord
entre l'ONU et le pays abritant la cour.
Le président libanais, Emile Lahoud, a toutefois
appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas s'ingérer dans les
conflits politiques du pays en imposant le tribunal.
Le Liban est actuellement plongé dans la pire crise
politique qu'il ait connu depuis la fin de la guerre civile (1975-1990),
crise provoquée par la lutte pour le pouvoir dressant le bloc
anti- syrien contre l'opposition pro-syrienne. La mise en place d'un
tribunal international et la formation d'un gouvernement d'union
nationale sont les deux principaux sujets du contentieux.
Le bloc anti-syrien du Liban a accusé
Damas d'être derrière le meurtre de M. Hariri, tué en février 2005 dans
Beyrouth, la capitale libanaise, accusation catégoriquement récusée par
la Syrie.