NEW YORK (Nations Unies), 30 mai (XINHUA) -- "Le
principal problème dans la lutte contre les changements climatiques n'est
ni économique, ni technique mais politique", a affirmé mercredi
devant la presse Michael Oppenheimer, l'un des principaux auteurs
des troisième et quatrième rapports du Groupe d'experts
intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
"Nous avons un problème énorme mais nous avons les
moyens de nous y attaquer, malgré toutes les difficultés", a-t-il assuré
lors d'une conférence de presse pour annoncer la tenue d'une
conférence DPI-ONG (Département de l'Information de l'ONU et
organisations non gouvernementales) qui se tiendra du 5 au 7
septembre prochains à New York.
Selon M. Oppenheimer, l'ONU et les ONG jouent un
rôle très important dans "la transformation de l'image obscure et
difficile à saisir des changements climatiques vers celle d'une question
mondiale convaincante".
Les deux premiers rapports du Groupe d'experts,
présentés au mois de février et en avril, soulignaient que le changement
climatique est sans équivoque, que des changements énormes sont déjà
visibles et que leurs conséquences, de la sécheresse extrême aux
inondations, vont augmenter, à la fois en occurrence et en intensité, tout
au long de ce siècle, selon les niveaux de concentration en gaz à effet de
serre dans l'atmosphère, a rappelé M. Oppenheimer.
Interrogé sur les raisons qui selon lui ont mené à
une prise de conscience globale du problème aux Etats-Unis, il a évoqué la
violence grandissante des ouragans et notamment le traumatisme lié à
Katrina à la Nouvelle-Orléans.
"Cet épisode a montré l'inaptitude des gouvernements
en cas de catastrophes naturelles, à la fois dans la préparation et dans
la réponse à y apporter", a-t-il dit.
Il a également estimé que la crise de l'énergie, le
succès du film de l'ancien vice-président américain Al Gore (An
Inconvenient Truth) ou encore certaines décisions prises par le gouverneur
de Californie, Arnold Schwarzenegger, avaient contribué à alerter la
population américaine.
"Les Etats-Unis peuvent envoyer un signal fort au
reste du monde s'ils participent aux négociations sur l'après 2012", date
à laquelle le Protocole de Kyoto aura expiré, a affirmé l'expert
scientifique.
Sur les progrès que ce Protocole aura permis, M.
Oppenheimer s'est félicité que des pays comme l'Allemagne, le Danemark, la
Grande-Bretagne ou les Pays-Bas vont probablement atteindre leurs
objectifs, tout comme peut-être le Japon.
"Plus décourageant est le cas du Canada qui s'est
engagé mais se comporte plutôt comme les Etats-Unis avec de fortes
augmentations de ses émissions", a-t-il déploré.