NEW YORK (Nations Unies), 30 mai
(XINHUA) -- Le Conseil de sécurité a adopté mercredi, à une majorité
limitée, une résolution qui décide de l'entrée en vigueur, à partir du 10
juin prochain, de l'accord entre le gouvernement libanais et l'ONU sur la
création d'un tribunal international destiné à juger les suspects
pour le meurtre de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.

(Photo : Xinhua/AFP)
Adoptée à la majorité de 10 voix, avec l'abstention
du Qatar, de l'Indonésie, de l'Afrique du Sud, de la Chine et de la
Russie, la résolution est placée sous le cadre du Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, qui prévoit que les décisions du Conseil de
sécurité pourront être assorties d'un éventail de mesures contraignantes.
La résolution, présentée par la Belgique, la France,
l'Italie, la Slovaquie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, a été adoptée
lors d'une séance qui s'est tenue en présence du ministre des Affaires
étrangères et de la Culture du Liban, Tarik Mitri.

(Photo : Xinhua/AFP)
Aux termes de la résolution 1757, l'accord signé
entre le gouvernement libanais et l'ONU sur la création du tribunal,
" entrera en vigueur le 10 juin 2007, à moins que le gouvernement
libanais ne procède à une notification" avant cette date.
Cette disposition vise à offrir aux parties
libanaises une nouvelle occasion de parvenir à un accord en suivant les
procédures libanaises ordinaires de ratification du traité
international que représente l'accord entre le Liban et l'ONU.
L'ONU a signé le 6 février dernier un accord avec le
Liban concernant l'établissement d'un tribunal spécial pour traiter
l'affaire Hariri. Le droit interne libanais prévoit que les traités
entrent en vigueur après ratification par le Parlement.
Or, en dépit de l'approbation par le Premier
ministre libanais du document et l'approbation exprimée par un groupe de
parlementaires libanais, cette question demeure un sujet de division
au sein de la classe politique libanaise.
Les députés représentants du Hezbollah et du parti
Amal ont démissionné et lancé des mouvements de rue destinés ouvertement à
faire tomber le gouvernement, jugé non représentatif.
La résolution prévoit par ailleurs que l'emplacement
du tribunal sera fixé en consultation avec le gouvernement libanais.
Toujours selon le texte de la résolution, la date du
début du fonctionnement du tribunal sera par ailleurs fixée par le
secrétaire général, en consultations avec le gouvernement
libanais, en prenant en compte des travaux de la Commission d'enquête
internationale indépendante.
Le chef de la Commission d'enquête internationale
mise en place au Liban pour faire la lumière sur les attentats, Serge
Brammertz, avait affirmé lors de son dernier passage à New York que "la
suite logique des travaux de la Commission serait la constitution du
tribunal".