BELGRADE, 19 mai (XINHUA) -- Le Premier ministre
serbe Vojislav Kostunica a déclaré samedi que la Serbie ne renoncerait pas
à sa souveraineté sur le Kosovo en échange de son adhésion à l'Union
européenne.
"Le gouvernement est uni et déterminé sur sa
position selon laquelle la Serbie n'acceptera jamais l'extortion du Kosovo
pour une intégration à l'Union européenne", a déclaré M. Kostunica
lors d'une interview accordée à l'agence de presse serbe Tanjug.
La Serbie est prête à entamer de nouvelles
négociations en vue de trouver une solution négociée sur le Kosovo, a
indiqué M. Kostunica, se déclarant confiant sur le fait que le Conseil de
sécurité des Nations Unies n'adoptera jamais une résolution visant à
priver un de ses membres de 15% de son territoire.
Le Kosovo, province serbe peuplée à plus de 90%
d'Albanais qui réclament une séparation de la Serbie, est administrée par
l'ONU depuis le retrait des troupes serbes de la province après les
bombardements de l'OTAN sur l'ex-Yougoslavie en 1999 dans le but de
faire cesser les conflits entre les forces serbes et les séparatistes
albanais.
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Kosovo, Martti
Ahtisaari, a proposé une indépendance du Kosovo supervisée par la
communauté internationale, mesure soutenue par les Etats-Unis, la plupart
des pays membres de l'UE et les dirigeants albanais du Kosovo, mais
rejetée par la Serbie et son traditionnel allié, la Russie.
Le Conseil de sécurité devra discuter fin mai d'une
résolution sur la base de la proposition Ahtisaari, alors que la Russie a
menacé de boycotter toute résolution inacceptable pour la Serbie.
L'UE a suspendu en mai 2006 ses négociations avec
Belgrade après l'impossibilité pour la Serbie de remettre au Tribunal
pénal international (TPI) de La Haye des suspects de crimes de guerre,
en particulier l'ancien chef militaire des Serbes en Bosnie,
Ratko Mladic.
La Serbie prendra "toutes les mesures
nécessaires pour finaliser" la coopération avec le TPI afin de poursuivre
les négociations en vue de l'adhésion à l'UE, a par ailleurs souligné
M. Kostunica, avant d'ajouter: "c'est notre but de remplir nos
obligations envers le Tribunal car c'est dans l'intérêt de notre pays".