VOLJSKI OUTES (Russie), 18
mai (XINHUA) -- Le président russe Vladimir Poutine, le président de la
Commission européenne José Manuel Barroso et la chancelière allemande
Angela Merkel qui occupe actuellement la présidence tournante de l'Union
européenne (UE), ont entamé vendredi les travaux du sommet biennal
Russie-UE dans la station balnéaire de Voljski Outes au bord du fleuve
Volga dans le sud de la Russie. Ils discuteront des dossiers chauds,
mais l'espoir d'une éventuelle percée est minime.
"Honnêtement, je n'attends rien de spectaculaire de
cette rencontre", a déclaré M. Barroso devant des journalistes à son
arrivée dans la ville de Samara, à 200 km de Voljski Outes.
Un nouvel accord de partenariat Russie-UE sera
débattu lors de la conférence, qui est boycottée par la Pologne et la
Lituanie, membres de l'UE, en raison de leur litige commercial et
énergétique avec la Russie.
Le problème énergétique constitue l'un des points
chauds du sommet, alors que l'UE et les Etats-Unis sont en passe d'élargir
leurs importations de gaz naturel et de brut à l'Asie centrale afin
de diversifier leurs sources d'approvisionnement en énergie, alors que les
pipelines de la région sont pour la plupart contrôlés par la Russie.
Au début du mois, la Russie a signé un accord de
poids avec d'importants exportateurs énergétiques d'Asie centrale, dont le
Kazakhstan et le Turménistan, afin d'assurer leurs exportations
de gaz naturel par les pipelines de la mer Caspienne via la Russie.
Le sommet Russie-UE portera également sur
l'accession de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'UE
a exprimé son soutien à ce dossier.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï
Lavrov, M. Barroso et le chef de la diplomatie de l'UE Javier Solana
s'entretiendront au cours du sommet de problèmes internationaux tels
que le Kosovo, l'Iran et le Proche-Orient.
Un projet de résolution de l'ONU sur le Kosovo,
soutenu par l'UE et les Etats-Unis, mais rejeté par Moscou, propose
l'indépendance de cette province située dans le sud de la Serbie
sous la surveillance de la communauté internationale. Moscou
préconise pour sa part davantage de négociations entre la communauté
albanaise, majoritaire au Kosovo et favorable à l'indépendance, et la
communauté serbe minoritaire.
Les relations Russie-UE sont aussi délicates à cause
du lancement par Washington de son projet de déploiement d'un
bouclier anti-missiles balistiques en Europe centrale, plus
précisément une base de missiles d'interception en Pologne et une
base radar en République tchèque. La Pologne et les Etats-Unis
ont tenu cette semaine une première série de pourparlers, qualifiés
par Washington d'"utiles".
Moscou s'oppose vivement au déploiement du bouclier
anti- missiles des Etats-Unis en Europe, indiquant qu'il ne visait pas
l'Iran comme le prétend Washington, mais la Russie.
En guise de riposte, M. Poutine a suggéré le report
de la participation de la Russie à un traité de contrôle militaire sur
le continent européen, qui sera aussi à l'ordre du jour du sommet
Russie-UE.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice n'a
pas réussi à assouplir la position de Moscou, après ses rencontres mardi
dernier avec MM. Poutine et Lavrov.
En outre, un récent contentieux entre la Russie et
l'Estonie, nouveau membre de l'UE, suite au déplacement de la statue en
bronze d'un soldat soviétique de la Seconde Guerre mondiale d'une
place centrale vers un cimetière de Tallin, capitale estonienne,
a jeté une ombre sur les relations entre Moscou et Bruxelles.
"Grâce à Dieu, je pense que nous n'avons eu encore
aucun conflit", a dit M. Poutine au ministre allemand des Affaires
étrangères Frank-Walter Steinmeier au début de la semaine à Moscou.
"Nous avons des avis différents sur la façon de
résoudre certains problèmes, mais les deux parties ont le désir de voir
ces problèmes résolus. A mon avis, c'est déjà assez positif", a
commenté M. Poutine.