
NEW YORK (Nations Unies), 18 mai
(XINHUA) -- L'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour, Jan
Eliasson, estime qu'il fallait trois trois étapes pour arriver à des
négociations politiques efficaces et à une cessation des hostilités dans
la province soudanasie du Darfour ravagée par quatre ans de guerre,
a rapporté vendredi le Centre de nouvelles de l'ONU.
La première est de réunir les initiatives parallèles
de l'ONU, de l'UA et de pays voisins comme l'Erythrée ou la Libye vers un
" processus convergent".
Ensuite, les prénégociations avec toutes les
parties, rendues extrêmement complexes par le grand nombre de groupes
rebelles et la difficulté de les identifier et de se mettre en contact
avec eux, doivent aboutir à un engagement à renoncer à une solution
militaire à la question, en faveur d'une solution politique.
A partir de là, les négociations pourront avoir
lieu, a indiqué M. Eliasson.
Avec Salim Ahmed Salim, son homologue de l'UA, M.
Eliasson parcours le Soudan et la région depuis plusieurs mois : quatre
visites à Khartoum, trois au Darfour et des visites à Juba, capitale
du Sud-Soudan, au Tchad, en Libye, en Erythrée, en Egypte et auprès de la
Ligue des Etats arabes.
"Nous avons maintenant une nouvelle dimension dans
ce conflit. Après les tueries massives qui ont eu lieu en 2003 et en 2004,
c'est maintenant la violence tribale qui fait plus de victimes que la
compétition pour les terres à l'origine des conflits", a affirmé M.
Eliasson.
Jan Eliasson s'est en outre inquiété de "la
radicalisation de la situation dans les camps de déplacés et de réfugiés
et de la frustration qui s'y développe". Cet état de fait exige que tout
accord conclu soit approuvé par la société civile, les chefs de
tribu et les déplacés dans les camps.
Selon lui, le relatif échec de l'accord de paix pour
le Darfour signé à Abuja en mai de l'année dernière s'explique par le fait
que ces franges de la population soudanaise n'y ont pas été
suffisamment associées.
Par ailleurs, Jan Eliasson a souligné la nécessité
pour les groupes rebelles de se coordonner, à défaut de s'unir, dans trois
domaines essentiels pour parvenir à la paix : le partage du pouvoir,
le partage des richesses et la sécurité.
Il a estimé que l'organisation d'une réunion entre
groupes rebelles proposée par le Mouvement populaire de libération du
Soudan (SPLM) qui a signé le 9 janvier 2005 avec le gouvernement de
Khartoum un accord de paix mettant fin à une guerre civile vieille de 21
ans dans le sud du Soudan, était une initiative encourageante.
Le refus de négocier s'explique parfois par les
réticences de certains groupes à se baser sur l'Accord d'Abuja et même des
réticences à travailler avec l'Union africaine, a expliqué l'Envoyé
spécial.
L'Envoyé spécial a rappelé que l'origine des
conflits étaient liée à des tribus de bergers arabes contraints à
descendre vers le Sud pour échapper au désert, ce qui a provoqué des luttes
et des combats pour les ressources naturelles déjà faibles de la
province avec des ethnies différentes.