PARIS, 20 avril (XINHUA) -- Nicolas Sarkozy,
Ségolène Royal et Français Bayrou, trois principaux candidats en tête des
sondages à l'élection présidentielle ont partagé presque la même position
sur la politique étrangère lorsqu'ils ont parlé de certains grands
dossiers d'actualité internationale.
Ils ont mis en lumière leurs positions dans un
entretien publié cette semaine dans Le Monde. En réponse à "dix enjeux de
politique étrangère" du Monde, ils ont souvent donné des réponses proches.
Selon eux, la politique extérieure de la France devrait être
marquée, quel que ce soit le vainqueur, par la continuité.
A propos de la question nucléaire iranienne, les
trois candidats se sont déclarés tous en faveur d'une action concertée
de la communauté internationale en mettant en garde contre une
attaque militaire décidée "unilatéralement" par les Etats-Unis.
Le candidat centriste François Bayrou a estimé
qu'alors que la société politique iranienne est de plus en plus divisée et
que les provocations d'Ahmadinejad la marginalisent, une intervention
militaire ressouderait instantanément la nation iranienne
derrière son président et plongerait l'ensemble du Moyen-Orient dans le
chaos.
La candidate socialiste Mme Royal s'est prononcée
pour "la proposition faite par la Russie de fournir de l'uranium enrichi à
l'Iran, ce qui écarterait le risque de prolifération, tout en
permettant à ce pays d'accéder à l'électricité d'origine nucléaire ".
Pour le candidat UMP, M. Sarkozy a fait entendre
qu'il est convaincu qu'une solution diplomatique est possible si la
communauté internationale reste ferme sur ses principes et dans ses
demandes. Selon lui, un nouveau conflit aurait des conséquences très
graves pour la région. L'accès de l'Iran à l'arme nucléaire est
inacceptable, mais le règlement de la crise avec l'Iran doit être
recherché par la négociation et dans un cadre multilatéral.
Sur le conflit dans la province du Darfour au
Soudan, les trois candidats se prononcent pour l'adoption de nouvelles
sanctions contre le régime soudanais si ce dernier continue de refuser le
déploiement de casques bleus de l'ONU au Darfour.
M. Sarkozy déclare qu s'il était élu,il n'hésiterait
pas à militer pour un durcissement décisif des sanctions contre tous
les responsables de la prolongation du conflit. Des mesures
immédiates s'imposent, comme le gel des avoirs ou le refus de délivrer des
visas pour les individus impliqués dans les massacres. La France
appliquera au besoin ces mesures avec ses partenaires européens ou à
titre national.
M. Bayrou a également dit que les sanctions doivent
être immédiates et couvrir l'exportation des produits pétroliers, le
gel des avoirs financiers des dignitaires du régime et le lancement
de nouvelles poursuites pénales aux plus hauts niveaux.
"Je souhaite que la France, au Conseil de sécurité,
fasse des propositions, notamment de sanctions, si le Soudan continue à
tergiverser", a déclaré Mme Royal.
En ce qui concerne le système de bouclier
antimissile que les Etats-Unis entendent implanter en Europe, les trois
candidats prônent une concertation européenne afin d'adopter une position
commune avant l'installation d'éléments de ce bouclier en Pologne et
en République tchèque.
A propos de l'éventuealité d'une entrée de l'Ukraine
et de la Géorgie Dans l'Union européenne, les trois candidats ne sont pas
en faveur de nouvelles adhésions au sein de l'UE. "Il ne peut y
avoir de nouvelles adhésions tant que nous n'aurons pas redéfini
précisément la vocation de l'Union et redessiné son architecture
institutionnelle. Ensuite, nous devrons tenir compte de la volonté de
ces pays, comme des liens qu'ils entretiennent avec la Russie", indiqué M.
Bayrou.
M. Sarkozy souhaite que l'UE progresses avec
l'Ukraine et la Géorgie d'abord dans la voie du partenariat privilégié
avec l'Union qui permettra à ces pays de prendre part au grand marché
et de participer à certaines politiques européennes, par exemple
dans le domaine commercial ou en matière d'éducation et de
recherche.
Le premier tour de l'élection présidentielle
aura lieu le 22 avril. Selon le dernier sondage Ipsos/Dell publié vendredi,
au premier tour, M. Sarkosy arrive en tête des intentions de vote
avec 30% face à Mme Royal à 23%, tandis que le candidat centriste
François Bayrou remporterait 18% des intions de vote devant le candidat
de l'extrême-droite Jean-Marie Le Pen (13%).