France/présidentielle: les trois principaux candidats sur les grands dossiers étrangers
  2007-04-21 07:50:13
 

    PARIS, 20 avril (XINHUA) -- Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Français Bayrou, trois principaux candidats en tête des sondages à l'élection présidentielle ont partagé presque la même position sur la politique étrangère lorsqu'ils ont parlé de certains grands  dossiers d'actualité internationale. 

     Ils ont mis en lumière leurs positions dans un entretien publié cette semaine dans Le Monde. En réponse à "dix enjeux de politique étrangère" du Monde, ils ont souvent donné des réponses proches.  Selon eux, la politique extérieure de la France devrait être  marquée, quel que ce soit le vainqueur, par la continuité. 

     A propos de la question nucléaire iranienne, les trois  candidats se sont déclarés tous en faveur d'une action concertée  de la communauté internationale en mettant en garde contre une  attaque militaire décidée "unilatéralement" par les Etats-Unis. 

     Le candidat centriste François Bayrou a estimé qu'alors que la  société politique iranienne est de plus en plus divisée et que les provocations d'Ahmadinejad la marginalisent, une intervention  militaire ressouderait instantanément la nation iranienne derrière son président et plongerait l'ensemble du Moyen-Orient dans le  chaos. 

     La candidate socialiste Mme Royal s'est prononcée pour "la  proposition faite par la Russie de fournir de l'uranium enrichi à  l'Iran, ce qui écarterait le risque de prolifération, tout en  permettant à ce pays d'accéder à l'électricité d'origine nucléaire ".  

     Pour le candidat UMP, M. Sarkozy a fait entendre qu'il est  convaincu qu'une solution diplomatique est possible si la  communauté internationale reste ferme sur ses principes et dans  ses demandes. Selon lui, un nouveau conflit aurait des  conséquences très graves pour la région. L'accès de l'Iran à  l'arme nucléaire est inacceptable, mais le règlement de la crise  avec l'Iran doit être recherché par la négociation et dans un  cadre multilatéral.  

     Sur le conflit dans la province du Darfour au Soudan, les trois candidats se prononcent pour l'adoption de nouvelles sanctions  contre le régime soudanais si ce dernier continue de refuser le  déploiement de casques bleus de l'ONU au Darfour. 

     M. Sarkozy déclare qu s'il était élu,il n'hésiterait pas à  militer pour un durcissement décisif des sanctions contre tous les responsables de la prolongation du conflit. Des mesures immédiates s'imposent, comme le gel des avoirs ou le refus de délivrer des  visas pour les individus impliqués dans les massacres. La France  appliquera au besoin ces mesures avec ses partenaires européens ou à titre national. 

     M. Bayrou a également dit que les sanctions doivent être  immédiates et couvrir l'exportation des produits pétroliers, le  gel des avoirs financiers des dignitaires du régime et le  lancement de nouvelles poursuites pénales aux plus hauts niveaux.   

     "Je souhaite que la France, au Conseil de sécurité, fasse des  propositions, notamment de sanctions, si le Soudan continue à  tergiverser", a déclaré Mme Royal. 

     En ce qui concerne le système de bouclier antimissile que les  Etats-Unis entendent implanter en Europe, les trois candidats  prônent une concertation européenne afin d'adopter une position  commune avant l'installation d'éléments de ce bouclier en Pologne  et en République tchèque. 

     A propos de l'éventuealité d'une entrée de l'Ukraine et de la  Géorgie Dans l'Union européenne, les trois candidats ne sont pas  en faveur de nouvelles adhésions au sein de l'UE. "Il ne peut y  avoir de nouvelles adhésions tant que nous n'aurons pas redéfini  précisément la vocation de l'Union et redessiné son architecture  institutionnelle. Ensuite, nous devrons tenir compte de la volonté de ces pays, comme des liens qu'ils entretiennent avec la Russie", indiqué M. Bayrou. 

     M. Sarkozy souhaite que l'UE progresses avec l'Ukraine et la  Géorgie d'abord dans la voie du partenariat privilégié avec  l'Union qui permettra à ces pays de prendre part au grand marché  et de participer à certaines politiques européennes, par exemple  dans le domaine commercial ou en matière d'éducation et de  recherche. 

     Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 22  avril. Selon le dernier sondage Ipsos/Dell publié vendredi, au  premier tour, M. Sarkosy arrive en tête des intentions de vote  avec 30% face à Mme Royal à 23%, tandis que le candidat centriste  François Bayrou remporterait 18% des intions de vote devant le  candidat de l'extrême-droite Jean-Marie Le Pen (13%).