PARIS, 13 avril (XINHUA) --
L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a appelé vendredi à une
coalition entre la candidate socialiste Ségolène Royal et le représentant
de l'Union pour la démocratie française (UDF) François Bayrou, pour
battre le candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP,
droite au pouvoir) Nicolas Sarkozy à la présidentielle 2007.
Dans une tribune publiée dans le quotidien français
"Le Monde", M. Rocard appelle François Bayrou et Ségolène Royal à
s'engager, " avant le premier tour", dans la voie d'une "alliance sincère
et constructive" pour défendre "au second tour puis aux législatives
un projet commun d'espoir pour la France".
"Si Nicolas Sarkozy est élu dans quelques semaines,
nous n'aurons aucune excuse. L'UMP gagnera les élections législatives
qui suivront, et pendant cinq ans, la France va souffrir", a averti
l'ancien PM de François Mitterrand.
Il a qualifié le candidat de l'UDF de
"démocrate-social" et noté des convergences entre le PS et l'UDF "sur
l'emploi, sur le logement, sur la dette, sur l'éducation, sur l'Europe".
"Isolés, ni eux ni nous, n'avons aucune chance de
battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen (Front
national, extrême-droite). Mais rassemblés avec les Verts, la gauche
sociale-démocrate et le centre démocrate-social constituent une
majorité dans le pays. Et dans deux semaines, elle peut devenir
la majorité réelle", a affirmé M. Rocard.
M. Bayrou, qui avait évoqué la nomination d'un
Premier ministre socialiste au cas où il serait élu, s'est félicité
vendredi de l'appel de M. Rocard.
"Cette intuition qui est la mienne et que je défends
depuis longtemps, elle est désormais vérifiée par les déclarations de
Michel Rocard", a-t-il déclaré sur la radio France Inter.
Ségolène Royal n'a pas répondu directement à l'appel
Rocard. Dans un discours en province, elle a néanmoins tendu la main aux
" hommes et femmes de progrès...au-delà de la gauche, qui pensent que
la France a la capacité de mettre en place le progrès social pour tous et
le respect pour chacun".
La candidate présidentielle du Parci communiste
Marie-George Buffet a déclaré quant à elle crainde un "glissement à
droite" de la classe politique en France. "L'appel de Michel
Rocard...sonne comme un signal d'alarme. Venant après des semaines de
clins d'oeil reciproques entre Sarkozy et Le Pen, il révèle l'ampleur
du danger d'un glissement à droite de toute la politique française",
a-t-elle affirmé.