PARIS, 13 avril (XINHUA) --
Des chercheurs français ont découvert une bactérie capable de se
développer dans un environnement contaminé par l'arsenic, ouvrant ainsi
une nouvelle voie pour préserver les environnements naturels d'une
contamination par ce métalloïde, a annoncé vendredi le Centre
national de la Recherche scientifique de France (CNRS).
Trouver des moyens de préserver les environnements
naturels d'une contamination par l'arsenic, en particulier les eaux
souterraines et l'eau distribuée au robinet, représente un important
défi pour les sociétés modernes.
Une équipe du Laboratoire de génétique moléculaire,
génomique et microbiologie du CNRS, a étudié en profondeur le génome de la
H. arsenicoxydans et a révélé que cette bactérie présente la
capacité de mettre en oeuvre des réactions d'oxydoréduction vis-à-vis de
l'arsenic, et en particulier, de le faire passer de son état le plus
toxique As [III] à sa forme oxydée, beaucoup moins mobile et toxique
As[V].
D'autre part, en plus de ces multiples processus
biochimiques, H.arsenicoxydans présente un chimiotactisme positif,
c'est-à-dire que cette bactérie est attirée et se déplace d'elle-même vers
les milieux riches en arsenic.
Enfin, les scientifiques ont mis en évidence une
capacité de séquestration de cet élément toxique au sein d'une matrice
d'exopolysaccharides élaborée par la bactérie, ce qui rend cet
élément beaucoup moins disponible et participe ainsi à la
détoxication de l'environnement.
Les biotransformations microbiennes ont un impact
majeur sur la contamination des écosystèmes par l'arsenic, affectant la
santé publique de plusieurs dizaines de millions de personnes dans les
pays développés et en développement. Ces observations démontrent
l'existence d'une stratégie entièrement nouvelle permettant de
coloniser efficacement des environnements riches en arsenic, qui va
bien au-delà des seules réactions d'oxydoréduction.
Ces travaux sont publiés dans la revue PloS Genetics
du 13 avril 2007.