MOGADISCIO, 30 mars (XINHUA) -- Des combats acharnés
ont repris vendredi à Mogadiscio (capitale somalienne) entre les forces du
gouvernement de transition somalien, appuyées par l'armée
éthiopienne, et les forces tribales locales, provoquant ainsi une
fuite massive d'habitants.
"Nous nous enfuyons avec nos enfants vers un endroit
où nous pourrons être en sécurité", a confié un habitant de Mogadiscio,
Youssouf Diriye, à l'agence de presse Xinhua, ajoutant que tous ses
voisins dans le district de Wardigley avaient quitté la ville.
Les combats qui ont éclaté jeudi, les plus féroces
depuis décembre dernier, lorsque le gouvernement de transition somalien
avait repris le contrôle de Mogadiscio, ont coûté la vie à une
trentaine de personnes, en faisant une centaine de blessés. La
majorité des victimes sont des civils.
Les violences les plus récentes sont intervenues une
semaine seulement après la conclusion, entre les chefs du clan d'Hawiye
et les forces éthiopiennes, d'un cessez-le-feu qui avait apporté à
Mogadiscio une accalmie relative.
Le gouvernement somalien s'est engagé à pacifier
rapidement la ville pour que le Congrès de réconciliation nationale puisse
s'ouvrir le 16 avril à Mogadiscio.
Le Parlement somalien qui est actuellement basé à
Baidoa, une ville située à 250 km du sud de Mogadiscio, a voté à
l'unanimité le transfert du cabinet dans la capitale prévu pour le début
du mois.
Il n'existe plus de gouvernement national efficace
en Somalie depuis 1991, après que des seigneurs de guerre eurent renversé
l'ancien chef d'Etat Mohamed Siad Barre, ce qui a ensuite plongé le
pays dans un état anarchique.
Bénéficiant de l'assistance de
l'ONU, le gouvernement de transition somalien institué en 2004 a peu
d'autorité sur le pays, du fait qu'il ne dispose pas d'armées et de
forces policières suffisamment puissantes.