YAOUNDE, 16 mars (XINHUA) -- Le sommet des chefs
d'Etats et de gouvernements de la Communauté économique et monétaires de
l'Afrique centrale (CEMAC), qui devait se tenir samedi à la capitale
tchadienne, est reporté à une date ultérieure, à la demande de la Guinée
équatoriale et du Gabon, a rapporté vendredi la radio nationale du
Cameroun.
Selon la radio, des malentendus sur les reformes
profondes de la CEMAC, qui devaient être l'un des sujets phare du sommet,
seraient à l'origine du report.
La Guinée équatoriale, à travers son président
Obiang Nguema, convie ses pairs à une rotation des pays membres à la tête
des institutions régionales et surtout à la remise en cause des
anciennes règles tacites qui veulent que le poste de gouverneur de la
Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) revienne au Gabon, celui de
vice-président à un Congolais et celui du sécrétariat exécutif à un
Camerounais.
La Guinée équatoriale propose que le gouverneur de
la BEAC ait un mandat de 7 ans non renouvelable. La cause: la Guinée
Equatoriale, Eldorado pétrolier depuis quelques années, possède à
lui seul les 47% des avoirs sur le compte d'opération de la BEAC et
veut imposer sa voix.
Si une telle possibilité était accepter, le Gabonais
Jean Felix Mamalepot, qui a déjà fait 17 ans à la tête de
l'institution, devrait rendre son tablier. Du coup le Gabon n'apprecie pas
cette hypothèse qu'elle juge en sa défaveur.
Les discussions houleuses lors de la conférence des
ministres qui s'est tenue avant le sommet des chefs d'Etats, seraient à
l'origine du report du sommet qui se tiendra à une date ultérieure.
Outre la Guinée équatoriale et le Gabon, la CEMAC
réunit le Tchad, le Cameroun, le Congo-B et la Centrafrique.
Le sommet de la CEMAC doit permettre aux pays
membres de se concerter et d'adopter une position commune au moment où
l'Afrique centrale, en raison des ses nombreuses richesses naturelles, est
de plus en plus courtisée par les puissances occidentales et
qu'on parle de la suppression des taxes douanières entre les pays du
Nord et ceux du Sud en 2009.
De manière plus concrète, les chefs d'Etats
des six pays membres sont décidés d'accelérer, sur la base de
cette vision commune, un programme économique régional structurant
une libre circulation effective des personnes et des biens et
des institutions spécialisées, pour accompagner cette démarche quasi irréversible,
à en croire certains spécialistes.