
BELGRADE, 2 février (XINHUA) -- L'envoyé spécial des
Nations unies Martti Ahtisaari a remis vendredi au président serbe Boris
Tadic son projet de proposition sur l'avenir du Kosovo, après un an
de négociations intensives avec les parties concernées.
Ce document « est un projet et non une proposition
définitive », a déclaré M. Ahtisaari lors d'une conférence de presse à
Belgrade, ajoutant que d'autres consultations entre les négociateurs serbes
et kosovars pourraient avoir lieu plus tard dans le mois.
« Je suis prêt à intégrer les solutions de compromis
que ces parties porraient conclure, et je finaliserai ma proposition de
règlement pour la présenter au Conseil de sécurité de l'ONU », a
déclaré l'envoyé de l'ONU, précisant qu'il inviterait les deux
parties à se rencontrer le 13 février.
L'ex-président finlandais, qui a assuré la médiation
de 15 rounds de pourparlers en 2006 pour chercher un compromis entre la
Serbie et la majorité kosovare d'ethnie albanaise, a rencontré M.
Tadic mais pas le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica,
celui- ci ayant déclaré qu'il ne pourrait recevoir M. Ahtissari après
les élections générales du 21 janvier.
L'envoyé spécial a déclaré que M. Tadic lui avait
réitéré la position « bien connue » de la Serbie sur le Kosovo. De hauts
responsables ont déclaré à plusieurs reprises qu'ils n'
accepteraient jamais une indépendance du Kosovo.
Plus tard ce vendredi, M. Ahtisaari présentera son
projet de résolution à Pristina, capitale du Kosovo, où les dirigeants de
l' ethnie albanaise se verront offrir une forme d'indépendance
initiale, associée à plusieurs années de supervision par une mission
de l'Union européenne.
Le projet de résolution de M. Ahtisaari sera rendu
public plus tard vendredi, mais un résumé de ces propositions, dont Xinhua
a obtenu copie, confirme que le projet de l'envoyé spécial ne
recommandera pas l'indépendance sous ce nom, et ne fera pas
référence à une souveraineté serbe.
La proposition suggère que le Kosovo ne reviendra
pas sous l' autorité serbe et obtiendra un statut juridique permettant aux
autres pays de le reconnaître, à terme, comme Etat indépendant.
Le Kosovo est sous administration de l'ONU depuis
1999, année où les bombardements de l'OTAN ont forcé le dirigeant
yougoslave Slobodan Milosevic à retirer ses forces, accusées du meurtre de
10 000 Albanais dans le conflit contre une insurrection.Cette
province de 2 millions d'habitants est importante pour la Serbie en
raison de son héritage culturel et religieux.
Le président Tadic a dit aux Serbes que le Kosovo
pourrait bien être déjà perdu, mais M. Kostunica a déclaré que Belgrade
romprait ses relations avec tout pays qui reconnaîtrait cette province
comme un Etat indépendant.