TEHERAN, 27 janvier
(XINHUA) -- La situation paraît confuse sur l'installation de 3.000
centrifugeuses destinées à la production de l'uranium enrichi alors que
des responsables iraniens de haut rang ont fait des déclarations
contradictoires samedi.
Un responsable iranien chargé des affaires
nucléaires a démenti samedi les allégations d'un parlementaire iranien de
haut rang selon lequel l'Iran est en train d'installer 3.000
centrifugueuses, a rapporté l'agence de presse officielle IRNA.
"Aucune nouvelle centrifugeuse n'a été installée
dans l'usine de Natanz", a déclaré Hossein Cimorgh, directeur des
relations publiques de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique,
cité par IRNA.
Selon IRNA, M. Cimorgh a tenu ces propos en réaction
à une déclaration d'Alaeddine Boroudjerdi, chef de la commission
parlementaire iranienne pour les Affaires étrangères et la Sécurité
nationale.
"Nous installons actuellement 3 000 centrifugeuses",
avait déclaré le même jour M. Boroudjerdi, cité par IRNA. Selon lui,
cette installation "stabilise la capacité de l'Iran dans le domaine
de la technologie nucléaire".
"Inch Allah (s'il plat à Dieu), cela sera achevé en
temps voulu", a ajouté M. Boroudjerdi, sans fournir de détails.
Des responsables iraniens avaient annoncé que leur
pays envisageait d'installer, avant la fin de l'année iranienne qui se
terminera le 20 mars prochain, 3.000 centrifugeuses dans une usine de
Natanz (centre).
Vendredi, le sous-secrétaire d'Etat américain
Nicholas Burns a mis en garde l'Iran contre l'installation de 3.000
centrifugeuses, disant que ce serait un "mauvais calcul majeur".
"Si l'Iran fait ce pas, il serait confronté à
l'opposition unverselle", a-t-il indiqué lors d'un point de presse.
"S'ils pensent pouvoir installer les 3.000
centrifugeuses en toute impunité et sans voir une autre résolution du
Conseil de sécurité et un renforcement de la pression internationale, ils
ont fait un mauvais calcul majeur", a-t-il déclaré.
Selon le plan annoncé par Téhéran, au total 60.000
centrifugeuses devront être mises en plance.
L'Iran a également un plan ambitieux de se doter de
20 centrales nucléaires.
L'enrichissement d'uranium à des niveaux faibles
peut produire du combustible pour la génération d'électricité dans les
centrales nucléaires, alors que celui à des niveaux denses peut être
utilisé pour la fabrication de bombes atomiques. L'Iran a affirmé avoir
réussi à enrichir de l'uranium à un niveau d'environ 5%.
Dans une autre dépêche, IRNA a rapporté que trois
inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
étaient arrivés en Iran vendredi soir pour examiner les installations
nucléaires à Isfahan et à Natanz. Une source fiable a indiqué samedi
à IRNA qu'il s'agissait d'une inspection de routine.
Leur visite intervient après que l'Iran eut annoncé
lundi sa décision de ne pas autoriser 38 inspecteurs de l'AIEA à entrer
dans le pays.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le
23 décembre 2006 la Résolution 1737, demandant à l'Iran de suspendre
toutes ses activités liées à l'enrichssement et au retraitement.
Téhéran a rejeté cette résolution en la qualifiant
de "mesure illégale" et a fait voeu de poursuivre ses programmes
nucléaires.