NAIROBI, 7 janvier (XINHUA) -- Le Kenya a menacé
dimanche d'expulser les responsables somaliens qui s'opposaient aux
efforts visant à rétablir la stabilité dans la Corne de l'Afrique, région
agitée par les conflits armés en Somalie.
"Le gouvernement kenyan ne va pas laisser et voir
les efforts pour ramener la paix en Somalie sabotés par un groupe
d'égoïstes qui se présentent comme des leaders opérant depuis les hôtels
de luxe confortables et sécurisés à Nairobi", a martelé Raphael
Tuju, ministre kenyan des Affaires étrangères, dans un communiqué.
Le Kenya ne tolère pas le fait que des personnes
abusent l'hospitalité lui offerte et utilisent son territoire pour servir
à leurs propres intérêts, a indiqué M. Tuju, ajoutant que son
pays n'hésiterait pas à imposer des punitions contre ceux qui ôsent
saboter les efforts de paix.
"J'appelle tous les dirigeants venus de la Somalie à
éviter de faire des déclarations qui incitent la haine et le soupçons
entre clans et factions ou entre les pays sous-régionaux", a-t-il
dit.
Ce communiqué a été publié après que des
parlementaires somaliens eurent été arrêtés vendredi à Nairobi pour avoir
demandé publiquement un retrait des forces éthiopiennes de leur pays à
l'occasion de la tenue d'une conférence sur la Somalie dans la
capitale kenyane.
M. Tuju a justifié les arrêstations par le fait que
ces parlementaires somaliens avaient des déclarations "hostiles",
malgré l'organisation d'une conférence visant à rétablir l'ordre
dans leur pays.
Il a réaffirmé qu'il existait une nouvelle force
d'impulsion pour rétablir la paix et la stabilité en Somalie et que les
efforts ne devraient pas être "menacés par tout intérêt individuel ou
partisan dont se vantent un groupe de dirigeants somaliens".
La majorité des Somaliens ont convenu de procéder à
la réconciliation sous la direction du gouvernement de transition
dirigé par le président Abdullahi Yusuf, a rappelé M. Tuju.
Le Groupe de contact international sur la
Somalie a tenu vendredi une réunion à Nairobi pour discuter de
la situation somalienne et d'un éventuel déploiement d'une force de paix
après la déroute des islamistes face à l'armée éthiopienne.