NAIROBI, 4 janvier (XINHUA) -- Le gouvernement
kenyan a démenti jeudi les propos du Haut commissariat des Nations unies
pour les réfugiés (HCR) selon lesquels il aurait forcé des Somaliens
ayant fui les combats dans leur pays à rentrer chez eux.
Le ministre kenyan des Affaires étrangères, Raphael
Tuju, a indiqué que les 300 Somaliens rentrés dans leur pays mercredi
étaient des combattants en possession de passeports étrangers.
"Nous avons constaté que certains combattants
envoient leurs familles se faire passer pour des réfugiés pendant qu'ils
restent en Somalie. Ils font cela dans le but d'utiliser le Kenya comme
un refuge pour leurs familles pendant qu'ils déstabilisent le
gouvernement légitime de Somalie", a déclaré M. Tuju à des
journalistes à Nairobi.
Les autorités kenyanes ont renforcé la sécurité le
long de la frontière, citant des raisons de sécurité. Mais selon le HCR,
394 Somaliens, qui avaient traversé la frontière depuis le début des
combats dans leur pays il y a une semaine, ont été renvoyés.
Quelque 4000 Somaliens se trouveraient dans la
région de Dhobley sans réussir à passer au Kenya.
Le ministre, qui a demandé au représentant du HCR à
Nairobi de réfuter les allégations, a déclaré : "Il semble que certains de
ces soi-disant réfugiés soient des combattants en fuite. Le Kenya
n'autorisera pas des combattants et leurs familles à utiliser ce
pays comme base", a indiqué le ministre.
Mercredi, le haut commissaire pour les réfugiés,
Antonio Guterres a déclaré que les mesures de sécurité à la frontière ne
devaient pas empêcher les civils somaliens d'entrer au Kenya pour y
trouver la sécurité et la protection en tant que réfugiés.
Lors d'une conférence de presse, M. Tuju a affirmé
que les Somaliens n'étaient pas en danger dans leur pays comme l'affirme
le HCR et a appelé le HCR à envoyer une mission d'enquête sur le
terrain pour établir la situation réelle.
"De plus, le Kenya a également proposé au HCR
d'établir un centre de gestion sur la frontière entre le Kenya et la
Somalie pour que les 300 réfugiés soient envoyés vers des pays tiers",
a-t- il ajouté.
"Le Kenya permettra un transit sûr
pour ces personnes. Le Kenya, qui accueille plus de 160 000 réfugiés
somaliens, est convaincu que d'autres pays nous aideront à partager cette
charge", a indiqué M. Tuju.