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La Somalie face à la perspective d'un conflit aggrave, met en garde François Lonsény Fall
  2006-12-27 13:15:37  

     NEW YORK (Nations Unies), 26 décembre (XINHUA) -- Lors d'un  exposé sur la situation en Somalie, le représentant spécial du  secrétaire général de l'ONU a demandé au Conseil de sécurité  d'exhorter les parties à cesser les combats immédiatement et à  s'abstenir de toute provocation supplémentaire, à l'heure où  l'Ethiopie a ouvertement déclaré la guerre aux miliciens  islamistes.  

     "Il faut rappeler à toutes les parties au conflit en Somalie au respect de la résolution 1725 du Conseil de sécurité et à  reprendre d'urgence le dialogue sans conditions préalables", a dit François Lonsény Fall lors d'une séance publique du Conseil  convoquée en urgence par son président pour le mois de décembre,  le représentant du Qatar. 

     "A moins qu'un règlement politique ne soit réalisé par le biais de négociations, je crains que la Somalie ne contemple une période de conflit aggravé et de forte instabilité", a ajouté le  représentant spécial qui a précisé qu'à l'heure actuelle les  hostilités entre le gouvernement de transition et les Tribunaux  islamiques s'étendaient sur un front de 400 kilomètres.  

     "Cette situation aurait des conséquences désastreuses pour le  peuple de Somalie qui souffre déjà depuis longtemps, ainsi que  pour toute la région", a-t-il dit.  

     François Lonsény Fall a rappelé l'escalade de la situation  depuis son dernier exposé au Conseil et l'adoption de la  résolution 1725 du 6 décembre dernier autorisant le déploiement en Somalie de troupes de l'IGAD - l'organisation politique et  économique qui regroupe les pays d'Afrique de l'Est. 

     La force (IGASOM) visait à protéger les membres et les  infrastructures du gouvernement provisoire installé à Baidoa face  à l'avancée de l'Union des tribunaux islamiques. 

     L'adoption de cette résolution a été chaleureusement accueillie par le gouvernement de Transition mais rejetée par l'Union des  Tribunaux islamiques, qui a affirmé qu'elle conduirait à des  combats dans la région, ajoutant que le déploiement de forces  étrangères en Somalie équivalait à une invasion du pays, a dit  François Lonsény Fall.  

     Accusant l'Ethiopie de déployer illégalement des forces dans le pays, les Tribunaux islamiques ont appelé le 23 décembre au Djihad contre les troupes éthiopiennes, et appelé à ce que des  combattants étrangers viennent s'y associer.  

     Les Tribunaux ont toutefois nié abriter de quelconques  terroristes internationaux et invité la communauté internationale  à envoyer une commission d'établissement des faits.  

     Des informations font aussi part de la présence de l'Erythrée  aux côtés de l'Union des Tribunaux islamiques, bien qu'elle ait  constamment nié la présence de ses troupes en Somalie, a dit le  représentant spécial.  

     Ce dernier a aussi fait part de l'initiative de la Ligue des  Etats arabes pour tenter de calmer la situation. L'Union africaine a prévu une réunion avec les membres de l'IGAD et de la Ligue des  Etats arabes, demain à Addis Abeba.  

     Du côté humanitaire, près de 760 blessés de guerre ont déjà  été enregistrés par la Croix-Rouge qui a fourni des kits pour 1. 500 patients.  

     La fourniture de l'assistance humanitaire à deux millions de  personnes affectées par les inondations est d'ores et déjà menacée, a dit François Lonsény Fall qui a indiqué que tout le personnel  international de l'ONU et des organisations non gouvernementales ( ONG) avait été évacué, y compris les équipes d'évaluation  d'urgence disposant d'hélicoptères pour aider les victimes des  inondations, redirigés vers le Kenya.  

     Parallèlement, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) doit discuter demain de la possibilité d'installer  de nouveaux camps au nord du Kenya, qui abrite déjà 35.000  nouveaux réfugiés somaliens, a-t-il dit.

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