NEW YORK (Nations Unies), 26 décembre (XINHUA) --
Lors d'un exposé sur la situation en Somalie, le représentant spécial du
secrétaire général de l'ONU a demandé au Conseil de sécurité
d'exhorter les parties à cesser les combats immédiatement et à
s'abstenir de toute provocation supplémentaire, à l'heure où
l'Ethiopie a ouvertement déclaré la guerre aux miliciens islamistes.
"Il faut rappeler à toutes les parties au conflit en
Somalie au respect de la résolution 1725 du Conseil de sécurité et à
reprendre d'urgence le dialogue sans conditions préalables", a
dit François Lonsény Fall lors d'une séance publique du Conseil
convoquée en urgence par son président pour le mois de décembre, le
représentant du Qatar.
"A moins qu'un règlement politique ne soit réalisé
par le biais de négociations, je crains que la Somalie ne contemple une
période de conflit aggravé et de forte instabilité", a ajouté le
représentant spécial qui a précisé qu'à l'heure actuelle les
hostilités entre le gouvernement de transition et les Tribunaux
islamiques s'étendaient sur un front de 400 kilomètres.
"Cette situation aurait des conséquences
désastreuses pour le peuple de Somalie qui souffre déjà depuis longtemps,
ainsi que pour toute la région", a-t-il dit.
François Lonsény Fall a rappelé l'escalade de la
situation depuis son dernier exposé au Conseil et l'adoption de la
résolution 1725 du 6 décembre dernier autorisant le déploiement
en Somalie de troupes de l'IGAD - l'organisation politique et
économique qui regroupe les pays d'Afrique de l'Est.
La force (IGASOM) visait à protéger les membres et
les infrastructures du gouvernement provisoire installé à Baidoa face
à l'avancée de l'Union des tribunaux islamiques.
L'adoption de cette résolution a été chaleureusement
accueillie par le gouvernement de Transition mais rejetée par l'Union des
Tribunaux islamiques, qui a affirmé qu'elle conduirait à des combats
dans la région, ajoutant que le déploiement de forces étrangères en
Somalie équivalait à une invasion du pays, a dit François Lonsény Fall.
Accusant l'Ethiopie de déployer illégalement des
forces dans le pays, les Tribunaux islamiques ont appelé le 23 décembre au
Djihad contre les troupes éthiopiennes, et appelé à ce que des
combattants étrangers viennent s'y associer.
Les Tribunaux ont toutefois nié abriter de
quelconques terroristes internationaux et invité la communauté
internationale à envoyer une commission d'établissement des faits.
Des informations font aussi part de la présence de
l'Erythrée aux côtés de l'Union des Tribunaux islamiques, bien qu'elle ait
constamment nié la présence de ses troupes en Somalie, a dit le
représentant spécial.
Ce dernier a aussi fait part de l'initiative de la
Ligue des Etats arabes pour tenter de calmer la situation. L'Union
africaine a prévu une réunion avec les membres de l'IGAD et de la Ligue des
Etats arabes, demain à Addis Abeba.
Du côté humanitaire, près de 760 blessés de guerre
ont déjà été enregistrés par la Croix-Rouge qui a fourni des kits pour
1. 500 patients.
La fourniture de l'assistance humanitaire à deux
millions de personnes affectées par les inondations est d'ores et déjà
menacée, a dit François Lonsény Fall qui a indiqué que tout le personnel
international de l'ONU et des organisations non gouvernementales
( ONG) avait été évacué, y compris les équipes d'évaluation d'urgence
disposant d'hélicoptères pour aider les victimes des inondations,
redirigés vers le Kenya.
Parallèlement, le Haut Commissariat des
Nations Unies pour les réfugiés (HCR) doit discuter demain de la
possibilité d'installer de nouveaux camps au nord du Kenya, qui abrite déjà
35.000 nouveaux réfugiés somaliens, a-t-il dit.