NAIROBI, 20 décembre (XINHUA) -- Des responsables
religieux africains ont appelé mercredi au calme en Somalie, exprimant
leur profonde inquiétude sur l'escalade militaire dans ce pays.
S'exprimant lors d'une conférence de presse à
Nairobi, les responsables ont appelé la communauté internationale à
soutenir les initiatives régionales pour l'établissement du gouvernement
d' unité nationale en vue d'éviter une guerre totale dans le pays.
Les dirigeants religieux représentant des
organisations religieuses internationales, pan-africaines et nationales,
ont appelé le Conseil suprême des tribunaux islamiques et le
gouvernement reconnu par la communauté internationale, à
reprendre les pourparlers de paix gelés depuis le début du mois dernier
pour trouver une solution durable à ce conflit durant depuis 16 ans.
"Nous appelons tous les acteurs sur la scène
somalienne à faire preuve de la plus grande retenue et à faire pression sur
toutes les parties pour cesser une nouvelle escalade dans un climat déjà
volatile", a déclaré Agnes Abuom, du Conseil oecuménique des
Eglises.
Cet appel survient alors que de violents
affrontements ont éclaté dans le pays de la Corne de l'Afrique sur au
moins deux fronts près de postes avancés du gouvernement intérimaire,
soutenu par les Nations Unies.
Le gouvernement intérimaire a déclaré qu'un obus de
mortier avait tué l'un de ses soldats et en avait blessé deux autres dans
des escarmouches commencées dans la nuit du mardi à Idaale, village
à une soixantaine de kilomètres au sud de Baidoa.
Beaucoup de personnes craignent que l'éclatement
d'une guerre totale en Somalie puisse plonger l'ensemble de la Corne de l'
Afrique dans une crise grave.
Les récents combats ont éclaté alors qu'un envoyé de
l'Union européenne est à Baidoa pour rencontrer des responsables et
encourager à la paix entre le gouvernement et les forces islamistes
qui contrôlent une grande partie de la Somalie.
Le comissaire européen au développement et à l'aide
humanitaire Louis Michel a rencontré les dirigeants du gouvernement
somalien de transition à Baidoa, et a également prévu de se rendre à
Mogadiscio, la capitale, pour rencontrer des dirigeants des
tribunaux islamiques.
La Somalie est dépourvue d'administration
centrale effective depuis 1991.