NAIROBI, 13 décembre
(XINHUA) -- Le Conseil suprême des tribunaux islamiques de Somalie a
menacé de lancer une attaque majeure dans ce pays de la Corne de l'Afrique
si les Ethiopiens, que les islamistes accusent de soutenir le gouvernement
intérimaire, ne se retirent pas du pays.
Cheikh Yusuf Mohamed Siad Indaade, chef de la
Défense des tribunaux islamiques, a déclaré mardi à la presse à
Mogadiscio, capitale somalienne, que les troupes éthiopiennes devraient
quitter la Somalie ou en subir les conséquences.
"Si les Ethiopiens ne se retirent pas de Somalie
dans les sept jours, nous lancerons une attaque majeure", a mis en garde
M. Indaade, président de la sécurité nationale du mouvement
islamiste.
Il a également appelé la communauté internationale à
faire pression sur l'Ethiopie pour qu'elle retire ses troupes, sous
peine de quoi elle sera "responsable de ce qui arrive en Somalie".
On craint l'éclatement en Somalie d'un conflit
régional, qui pourrait impliquer les forces éthiopiennes et
érythréennes.
Toutefois, craignant que les forces islamiques ne
transforment la Somalie en un refuge pour Al-Qaïda, les Etats-Unis ont
fait adopter la semaine dernière une nouvelle résolution au Conseil de
sécurité de l'ONU approuvant le déploiement d'une force africaine en
Somalie. Certains experts pensent que cela pourrait déclencher une guerre
plus étendue dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique. D'autres encore que
l'adoption de cette résolution est une provocation assurée à l'égard des
tribunaux islamiques.
Les tribunaux islamiques ont conquis par la force
une grande partie du centre et du sud du pays, y compris Mogadiscio, la
capitale, en triomphant des seigneurs de guerre qui les occupaient.
Le Premier ministre Ali Mohammed Gedi a déclaré
mardi que des milliers de combattants islamistes avaient encerclé Baidoa,
siège du gouvernement intérimaire et seule ville qu'il contrôle
véritablement.
Les tensions ont monté ces derniers jours entre
l'Ethiopie et les tribunaux islamiques. Les islamistes accusent l'Ethiopie
d' avoir déployé des troupes en Somalie pour soutenir le
gouvernement, et menace d'une attaque si elle ne les retire pas. L'Ethiopie
répond qu'elle n'a que des conseillers militaires en Somalie, à
la demande du gouvernement, et qu'elle refuse de les retirer.
La Somalie est dépourvue de gouvernement effectif
depuis 1991, quand des seigneurs de guerre, formant une alliance, avaient
renversé le dictateur Mohamed Siad Barré, avant de se retourner les
uns contre les autres. Un gouvernement de transition a été formé il y a
deux ans mais n'est pas parvenu à imposer son autorité à l'ensemble du
pays.
L'envoyé de l'ONU
appelle à un dialogue pacifique en Somalie
NAIROBI, 13 décembre (XINHUA) -- Le haut envoyé des
Nations unies pour la Somalie François Lonseny Fall a appelé mercredi les
groupes somaliens en conflit à s'abstenir d'activités militaires
menaçant de faire tomber le pays dans une guerre qui pourra
engloutir l'entière région de la Corne de l'Afrique.
M. Fall, représentant spécial du secrétaire général
de l'ONU en Somalie, a appelé au calme en Somalie à l'issue d'une réunion
de la communauté internationale à Nairobi pour discuter de
l'actuelle situation du pays et de la nécessité de persuader le
gouvernement fédéral de transition et l'Union des tribunaux islamiques de
choisir le dialogue sur le conflit.
"Après 16 ans de conflit, il est temps pour les deux
parties d'abaisser la température de leur rhétorique et de mettre le
peuple en premier lieu", a souligné M. Fall dans une déclaration
publiée à Nairobi.
L'envoyé a appelé les deux parties à reprendre des
entretiens pour atténuer la tension dans la nation africaine illégale
ayant une population d'environ 10 millions d'habitants et sans un
régime central depuis plus d'une décennie.