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Escalade des tensions en Somalie
  2006-12-14 08:15:36  

     NAIROBI, 13 décembre (XINHUA) -- Le Conseil suprême des  tribunaux islamiques de Somalie a menacé de lancer une attaque  majeure dans ce pays de la Corne de l'Afrique si les Ethiopiens,  que les islamistes accusent de soutenir le gouvernement  intérimaire, ne se retirent pas du pays. 

     Cheikh Yusuf Mohamed Siad Indaade, chef de la Défense des  tribunaux islamiques, a déclaré mardi à la presse à Mogadiscio,  capitale somalienne, que les troupes éthiopiennes devraient  quitter la Somalie ou en subir les conséquences. 

     "Si les Ethiopiens ne se retirent pas de Somalie dans les sept  jours, nous lancerons une attaque majeure", a mis en garde M.  Indaade, président de la sécurité nationale du mouvement islamiste. 

     Il a également appelé la communauté internationale à faire  pression sur l'Ethiopie pour qu'elle retire ses troupes, sous  peine de quoi elle sera "responsable de ce qui arrive en Somalie". 

     On craint l'éclatement en Somalie d'un conflit régional, qui  pourrait impliquer les forces éthiopiennes et érythréennes. 

     Toutefois, craignant que les forces islamiques ne transforment  la Somalie en un refuge pour Al-Qaïda, les Etats-Unis ont fait  adopter la semaine dernière une nouvelle résolution au Conseil de  sécurité de l'ONU approuvant le déploiement d'une force africaine  en Somalie. Certains experts pensent que cela pourrait déclencher  une guerre plus étendue dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique.  D'autres encore que l'adoption de cette résolution est une  provocation assurée à l'égard des tribunaux islamiques. 

     Les tribunaux islamiques ont conquis par la force une grande  partie du centre et du sud du pays, y compris Mogadiscio, la  capitale, en triomphant des seigneurs de guerre qui les occupaient. 

     Le Premier ministre Ali Mohammed Gedi a déclaré mardi que des  milliers de combattants islamistes avaient encerclé Baidoa, siège  du gouvernement intérimaire et seule ville qu'il contrôle  véritablement. 

     Les tensions ont monté ces derniers jours entre l'Ethiopie et  les tribunaux islamiques. Les islamistes accusent l'Ethiopie d'  avoir déployé des troupes en Somalie pour soutenir le gouvernement, et menace d'une attaque si elle ne les retire pas. L'Ethiopie  répond qu'elle n'a que des conseillers militaires en Somalie, à la demande du gouvernement, et qu'elle refuse de les retirer. 

     La Somalie est dépourvue de gouvernement effectif depuis 1991,  quand des seigneurs de guerre, formant une alliance, avaient  renversé le dictateur Mohamed Siad Barré, avant de se retourner  les uns contre les autres. Un gouvernement de transition a été  formé il y a deux ans mais n'est pas parvenu à imposer son  autorité à l'ensemble du pays.

     L'envoyé de l'ONU appelle à un dialogue pacifique en Somalie  

     NAIROBI, 13 décembre (XINHUA) -- Le haut envoyé des Nations  unies pour la Somalie François Lonseny Fall a appelé mercredi les  groupes somaliens en conflit à s'abstenir d'activités militaires  menaçant de faire tomber le pays dans une guerre qui pourra  engloutir l'entière région de la Corne de l'Afrique. 

     M. Fall, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Somalie, a appelé au calme en Somalie à l'issue d'une réunion de  la communauté internationale à Nairobi pour discuter de l'actuelle situation du pays et de la nécessité de persuader le gouvernement  fédéral de transition et l'Union des tribunaux islamiques de  choisir le dialogue sur le conflit. 

     "Après 16 ans de conflit, il est temps pour les deux parties  d'abaisser la température de leur rhétorique et de mettre le  peuple en premier lieu", a souligné M. Fall dans une déclaration  publiée à Nairobi. 

     L'envoyé a appelé les deux parties à reprendre des entretiens  pour atténuer la tension dans la nation africaine illégale ayant  une population d'environ 10 millions d'habitants et sans un régime central depuis plus d'une décennie.

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