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La France à l'approche de la présidentielle
  2006-12-09 15:41:59  

     PARIS, 9 décembre (XINHUA) -- En début-décembre, une visite au  Moyen-Orient de Ségolène Royal, candidate présidentielle du Parti  socialiste, a suscité une attention particulière en France. La  presse n'a pas tardé à remarquer qu'elle a rencontré nombre de  personnalités dans la région, estimant qu'elle était reçu " sérieusement" comme un candidat à l'Elysée. 

     Françoise de Panafieu, une députée de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, au pouvoir), qui se trouvait également dans la  région, s'est déclarée "profondément choquée par l'absence de  réaction de Mme Royal devant les propos inacceptables proférés par un membre du Hezbollah" comparant "la politique menée par Israël  au nazisme".  

     Mme Royal, lorsqu'elle a croisé Mme Panafieu un matin dans  leur hôtel à Jérusalem, n'a pas voulu saluer sa collègue à  l'Assemblée nationale. Peut-être à cause de "mes critiques" envers elle, a commenté Mme Panafieu, et l'UMP crie au scandale.  

     Une telle anecdote n'aurait pas fait couler tant d'encre en  France si l'on n'était pas à la veille d'une campagne électorale.  A l'approche de la présidentielle, l'Hexagone commence à vibrer  sur la corde électorale. 

     Royal gagnante à l'issue d'une primaire réussie du Parti  socialiste 

     La bataille électorale a commencé d'abord chez les socialistes. La victoire dans les élections régionales en 2004 renforce  l'espoir de la reconquête du pouvoir en 2007. Le plus grand souci  du PS serait d'éviter de revivre le cauchemar de 2002, où Lionel  Jospin a été évincé dès le premier tour. D'où l'idée d'organiser  une primaire pour désigner un candidat unique du parti, et éviter  la division et la dispersion des voix. Grâce à une primaire  médiatisée, les socialistes ont réussi par ailleurs à organiser  une "pré-campagne" électorale, pour mieux promouvoir son image. 

     Ségolène Royal a battu deux adversaires de taille: l'ancien  premier minsitre Laurent Fabius et l'ancien ministre de l'Economie Dominique Strass-Kahn, pour être désignée le 16 novembre 2006  candidate du PS pour 2007, avec un score de plus de 60% dès le  premier tour de la primaire.  

     Son image plutôt frais, savamment soigné, avec un discours  général pour un changement fondamental de la société, pour une  politique participative, ne plait pas seulement aux militants  socialistes. Mme Royal reste depuis des mois en tête des sondages. Et elle a choisi le Moyen-Orient, l'un des points les plus chauds  et les plus compliqués dans le monde, pour commencer sa visite à  l'étranger, un effort visant à montrer sa stature de femme d'Etat.   

     La machine démarre à l'UMP  

     A l'UMP, les gesticulations visant la présidentielle n'ont pas  tardé, mais la machine électorale a démarré plutôt après la  primaire des socialistes.  

     "Une année utile", le terme a souvent été utilisé par le  Président Jacques Chirac, et son Premier ministre Dominique de  Villepin, pour lancer des projets en 2006. D'où la volonté de  lancer le CPE (Contrat de première embauche) pour favoriser la  création d'emploiss, une initiative qui s'est soldée en crise  sociale, s'est avérée coûteuse dans les sondages pour le Premier  ministre, et le Président, déjà affaibli par le "non" français au  Traité de constitution européenne en mai 2005.  

     La conjoncture économique en 2006 a fini par apporter quelques  éclaircies au gouvernement. La croissance est à la rencontre et le chômage baisse. La popularité de M. de Villepin reprend, mais  encore loin du pic de l'époque où il jouissait de la sympathie des Français.  

     La popularité du président Chirac a également repris à  l'approche de la fin d'année. Ses réussites sur la scène  internationale et ses interventions pour le dialogue social et  pour les valeurs républicaines ont été perçues favorablement par  les Français. Se présentera-t-il pour un troisième mandat? La  question a été posée à maintes reprises par des journalistes  français aussi bien qu'étrangers. La réponse est toujours la même - - "Je m'exprimerai au premier trimestre de 2007"-- suspens. 

     Entre-temps, les médias sont plus nombreux à parier sur un duel entre Mme Royal et le président de l'UMP et ministre de  l'Intérieur Nicolas Sarkozy. M.Sarkozy, l'homme fort prône la " rupture tranquille", est en tête parmi les présidentiables de la  droite. Il cultive depuis un certain temps un image intransigeant, notamment sur des sujets de la sécurité et de l'immigration,  sujets sensibles à nombre de Français.  

     Face à lui, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie a  également exprimé son intention de représenter l'UMP. Entre femmes politiques, on peut parfois dire certaines choses plus facilement  dans les débats, a fait valoir Mme Alliot-Marie, une femme qui a  su imposer son autorité et gagner du respect dans un milieu  traditionnnellement masculin. 

     L'UMP doit désigner son candidat présidentiel le 14 janvier  2007.   

     Le Pen et les anti-libéraux 

     Un "éléphant" du PS, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, a comparé le président du Front national Jean-Marie Le Pen à un " anti-dote". La peur de voir M. Le Pen de nouveau au deuxième tour  a persuadé la gauche et la droite de la nécessité de l'union, pour ne pas se faire éliminer dès le premier tour. 

     "Je me situe plutôt au centre-droit", a déclaré M. Le Pen,  classé par les analystes politiques français à l'extrême-droite.  Son discours devient moins agressif aujourd'hui, et les sondages  montrent que les intentions de vote pour lui augmentent. Avec le  slogan "Economiquement de droite, socialement de gauche,  nationalement de France", le FN populiste compte attirer "les  petits peuples", face aux impacts négatifs de la mondialisation  qui augment le sentiment d'insécurité chez des Français de base. 

     A l'autre bout du paysage politique, le Parti communiste  français (PCF), les trotskistes et les altermondialistes,  encouragés par le non français au Traité de la Constitution  européenne, envisagent de former un front uni contre le  néolibéralisme pour s'imposer sur la scène politique française. A  l'iniative du PCF, ils comptent choisir eux aussi un candidat  unique, la question reste à savoir s'ils arriveraient à surmonter  leurs divergeances parfois importantes. 

     Et au centre, François Bayrou, qui critique le monopole Royal- Sarkozy sur la couverture médiatique, défend une troisième ligne,  celle du centre-droit. M. Bayrou jouit d'une grande popularité  dans les sondages, plus importante que son parti l'Union pour la  démocratie en France (UDF). Certains journalistes attendent de lui une "surprise" en 2007. 

      Les sondages... 

     Si on en croit aux derniers sondages, c'est Mme Royal qui est  créditée du meilleur score (31%) au premier tour, parmi les  candidats déclarés, devant M. Sarkozy (30%), Jean-Marie Le Pen (12% ) et François Bayrou (9%). Et les chiffres donnent Royal-Sarkozy à égalité au deuxième tour.  

     Pourtant en 2002, les sondages simulant les intentions de vote  donnaient Chirac et Jospin en tête du premier tour, et traumatisme politique: Le Pen au second tour face à Chirac, élimination de  Jospin... 

     Qui sera le nouveau patron, ou la nouvelle patronne de l'Elysée? La vraie réponse sera en mai 2007.

 

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