BEYROUTH, 13 novembre (XINHUA) -- Le ministre libanais de l'Environnement Yaacoub Sarraf a
annoncé lundi sa démission, devenant ainsi le sixième ministre à
quitter l'actuel cabinet libanais composé de 24 membres, a rapporté l'agence
de presse officielle libanaise NNA.
"Je ne peux pas me trouver dans une autorité
légitime, de laquelle tous les représentants de certaines factions sont
partis, c'est pourquoi j'ai donné ma démission", a indiqué M. Sarraf,
chrétien mais proche du président libanais Emile Lahoud, dans une
lettre adressée au Premier ministre libanais Fouad Seniora.
La démission de M. Sarraf a eu lieu deux jours après
celle de cinq membres chiites du cabinet.
M. Seniora convoquera son cabinet plus tard dans la
journée, en vue de discuter de la proposition des Nations Unies sur la
formation d'une cour spéciale pour interroger les assassins de
l'ancien Premier ministre Rafik al-Hariri.
Toutefois, le président libanais pro-syrien Lahoud a
présenté dimanche son opposition à une telle session du cabinet,
soulignant que le gouvernement avait perdu sa légitimité constitutionnelle
après la démission des ministres chiites.
Samedi dernier, les cinq ministres chiites des
partis Hezbollah et Amal, à savoir les ministres libanais des Affaires
étrangères Fawzi Salloukh, du Travail Tarrad Hamadeh, de la Santé Mohammed
Jawad Khalifeh, de l'Energie et de l'Eau Mohammad Fneich, ainsi que
le ministre de l'Agriculture Talal Sahili ont présenté leur
démission.
Ces démissions ont eu lieu après que les hauts
dirigeants rivaux du pays n'eurent pas réussi à conclure un accord sur la
formation d'un gouvernement d'union nationale.
Le dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah,
a menacé d'organiser des manifestations le 13 novembre, si les pourparlers
ne parvenaient pas à satisfaire à ses demandes sur la formation d'un
gouvernement d'union nationale.
Par ailleurs, M. Nasrallah a exprimé son espoir de
voir son parti chiite et ses alliés occuper un tiers des sièges du
cabinet, ce qui signifierait que le Hezbollah et ses alliés pourraient
imposer leur veto sur des décisions importantes.
La démission d'un tiers des membres du cabinet
conduit automatiquement la dissolution du gouvernement.