OUAGADOUGOU, 8 novembre (XINHUA) -- La presse
burkinabé dans son ensemble a salué le forum de coopération Chine-Afrique
(FOCAC) qui a regroupé les 4 et 5 novembre derniers à Beijing une
quarantaine de chefs d'Etat africains.
Rappelant que ce forum est vieux de six ans, le
quotidien d'Etat "Sidwaya" écrit que la coopération avec la Chine, cette
puissance démographique avec son 1,3 milliard d'âmes doublée
d'une grande puissance économique en devenir, est une donnée avec
laquelle il faut bien compter.
Le journal explique que la Chine est devenue par la
force des choses, la destination normale de l'Afrique, car les Africains
se disent déçus de la "coopération"avec les pays occidentaux et les
institutions financières internationales qui, au fil des années, les
a endettés et même appauvris.
"Sidwaya" se dit déçu que les nombreuses "aides" que
les pays africains ont reçues au lieu de les aider à ne plus en avoir
besoin, les ont plutôt entraînés dans le cercle vicieux sinon de
l'asservissement du moins de la dépendance.
C'est pourquoi, le journal salue la Chine d'avoir
déjà annulé 1, 5 milliard de dollars de prêts de 31 pays d'Afrique où elle
a investi 6 millions de dollars et installé 800 entreprises.
"La Chine a également annoncé à la rencontre du
FOCAC de la semaine dernière, qu'elle accordera 3 milliards de dollars de
prêts à l'Afrique", s'est-il réjoui.
En plus des objectifs économiques, le journal trouve
que la campagne chinoise en Afrique vise aussi à écarter et isoler
Taïwan dont elle continue à réclamer ce qu'elle appelle sa réintégration
à la mère-patrie.
Si les choses "bougent" dans ce pays immense et
peuplé, le quotidien de service public estime que c'est parce que les
Chinois, tout comme d'ailleurs les Asiatiques, travaillent sans relache.
"La première des leçons à retenir pour nous
Africains, c'est que les Chinois qui ne parvenaient pas à se nourrir, il y
a 50 ans, ne font pas de miracles. Comme les Chinois, les Africains doivent
travailler, encore travailler, toujours travailler", a-t-il fait
remarquer.
Le quotidien privé "L'Observateur Paalga" quant à
lui, salue également la coopération Chine-Afrique marquée par la signature
d'accords commerciaux, de finalisation de projets
d'investissement, de réduction de la dette, d'accords de prêts et de
crédits pour la construction d'écoles et d'hôpitaux, la formation de 15 000
Africains.
Insistant sur le développement combiné du président
Hu Jintao sans lequel il n'y aura point de paix et de développement
globaux, le journal explique que la tentation est grande pour les chefs
d'Etat africains de faire le pèlerinage de Beijing.
Sous le titre "Sommet Chine-Afrique : Des liaisons
compatibles qui fascinent, mais qui font peur", l'hebdomadaire "San Finna"
écrit qu'en contrepartie de telle offre, les Africains ne peuvent
que de plus en plus privilégier la coopération avec la Chine.
"Cela permettra qu'elle (Chine) exploite ses
matières premières qu'elle s'investisse dans les travaux publics d'autant
que dans les perspectives de coopération, il est prévu une politique de
formation des Africains aux techniques chinoises", a-t-il fait
remarquer.
Pour le journal, cette liaison repose sur des
compatibilités, car les techniques chinoises sont plus adaptées au
substrat social et économique des pays africains qui y adhèrent facilement
et en général leur mise en oeuvre simplifiée est adaptée aux besoins
des Africains.
La Chine comme l'Afrique, explique le journal a vécu
les rigueurs et les humiliations de la colonisation, c'est pourquoi
il y a ici comme un rapprochement naturel d'avoir vécu ensemble ces
douloureuses épreuves.
Pour "San Finna", l'ambition des Chinois, c'est de
permettre que ceux qui ont vécu comme la colonisation et qui n'arrivent
toujours pas à décoller, puissent avec leur aide le faire.
Ce geste, a souligné le journal, c'est pas par
intérêt mais par reconnaissance de l'aide que l'Afrique lui a apporté pour
accéder à sa place légitime et naturelle de membre permanent du Conseil
de sécurité.
Qualifiant les relations Chine-Afrique de
tonitruantes, le journal écrit que l'Europe et les Etats-Unis commencent à
avoir un regard langoureux sur l'Afrique dont ils ont autant besoin que la
Chine de ses ressources énergétiques et autres qu'elle recèle.
"Que vont-ils (occidentaux) décider"? s'interroge
"San Finna" qui laisse entrevoir des possibilités de revenir à la
surenchère de type "guerre froide" comportant des risques de
déstabilisation et d'utilisation de la vieille recette des guerres par
procuration.