(Par Chen
Shun)
DAKAR, 4 novembre (XINHUA) -- "La route vers le
sommet", c'est ce qu'on lit sur des panneaux géants dressés au bord de la
corniche ouest de Dakar, la capitale sénégalaise, devenue
aujourd'hui un vaste chantier, en prélude à la tenue en 2008 de
la rencontre au sommet de l'Organisation de la conférence islamique
( OCI). En fait, ce n'est qu'un microcosme d'un Sénégal en pleine
mutation pour accéder au rang des pays émergents à l'horizon 2015.
Une nouvelle capitale pour le Sénégal
Dakar, c'est 0,4% du territoire du Sénégal, 40% de
la population du pays et 80% de l'économie natinale. D'ou les
problèmes de mobilité urbaine et les pertes de temps à la limite de
l'insupportable. Selon les autorités, l'autoroute actuellement en chantier
dans la banlieue de Dakar ne permettrait pas de décongestionner le
centre-ville d'ici 2010, sans compter les pollutions atmosphériques,
sonores et environnementales.
C'est dans ce contexte que le gouvernement a décidé
de construire une nouvelle capitale, à vocation politique et
administrative, à Lompoul, ville située sur la grande côte du
Sénégal, pour laisser à Dakar ses seules fonctions économiques, à
l'image de Yamoussokro en Côte d'Ivoire.
Lompoul est située à 120 km au nord-est de de Dakar.
A 80 km du futur aéroport international de Blaise Diagne de Diass, ce site
offre une ouverture sur les autres chefs-lieux de la région. Il a
également l'avantage d'être proche de la mer, d'avoir une grande
disponibilité foncière, un climat agréable et des ressources
importantes en eau potable. C'est la station balnéaire par
excellence à exploiter.
Un environnement d'investissement favorable
"Bienvenue au Sénégal!" La banderole de toile flotte
au vent, à la sortie de l'aéroport de Dakar. Elle s'adresse avant tout aux
nombreux touristes qui ont choisi les plages de la Petite Côte pour
profiter du soleil et de la mer, mais aussi aux hommes d'affaires, de plus
en plus courtisés par un gouvernement qui a fait du développement du
secteur privé l'une de ses priorités. Carrefour d'affaires très prisé,
Dakar accueille les sièges régionaux de grands groupes, sans oublier celui
de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Le taux d'investissement est en hausse constante au
Sénégal où il se situe actuellement à 25% environ contre 19,2% en 2001,
grâce au maintien des dépenses en capital de l'Etat et au regain de
dynamisme des investissements privés. Le gouvernement a
effectivement mis en oeuvre la "Stratégie de la croissande accélérée
(SCA) qui suppose un environnement des affaires de classe internationale
afin d'attirer davantage des investissements notamment dans les secteurs
porteurs de croissance comme l'agrculture et l'agro-business, le tourisme,
la pêche, les nouvelles technologies de l'information et de la
communication. Le Sénégal, qui a maintenu une croissance moyenne de plus de
5% depuis l'an 2000, fonce vers un taux de croissance de l'ordre de
7 à 8% dans les 8 années à venir.
Soins gratuits pour les plus de 60 ans
A l'initiative du chef de l'Etat Abdoulaye Wade, le
gouvernement sénégalais a décidé de prendre en charge l'ensemble des
personnes du 3e âge au Sénégal, couche de la population vulnérable.
Certaines d'entre elles n'ont pas de ressources, d'autres n'ont qu'une
modique pension. C'est alors qu'un fonds d'un milliards de FCFA a été mis
en place en leur faveur. L'accès aux soins et les évacuations leur sont
gratuits et les médicaments contenus sur la liste dite des médicaments
essentiels le sont aussi.Le Sénégal est donc devenu l'un des rares pays au
monde où toutes les personnes du 3e âge sont rises en charge gratuitement
dans les établissements sanitaires.
40% du budget d'Etat à l'éducation
Depuis 3 ans, 40% du budget de l'Etat sénégalais
sont alloués à l'éducation afin de faire du secteur le levier du
développement. Cette mesure profite à tous les niveaux de l'éducation,
c'est à dire de la petite enfance au supérieur, en passant par
l'élémentaire et le moyen secondaire. Une politique qui s'inscrit
dans l'allègement des charges des parents mais aussi qui permet
de sédentariser les élèves notamment les filles et de les mettre
dans des conditions de réussite. Tout dernièrement, le gouvernement a
annoncé la création une université des métiers ayant vocation de
s'attaquer au chômage des jeunes en leur offrant des formatiions
qualifiantes. Toujours est-il que le chômage et le
sous- développement ne peuvent être résolus que par la
formation.
Le plan reva contre l'immigration clandestine
Afin de retenir au pays les candidats toujours
plus nombreux à l'immigration clandestine, le gouvernement sénégalais a mis
en oeuvre le plan "reva", multisectoriel et multidimensionnel. Ce
plan vise avant tout à créer des pôles d'émergence. Il s'agit de créer
des fermes modernes dans certaines régions et de développer en même
temps d'autres activités, telles que la formation professionnelle,
l'aquaculture avec les bassins qui seront mis sur pied et l'empoissonnement,
l'élevage sur la forme des travaux modernes, l'horticulture, l'artisanat. Le
plan est coordonné par le ministère de l'Agriculture, mais ce sont
différentes composantes qui seront impliquées dans cette démarche
à décentraliser sur l'ensemble des onze régions du pays, le tout
dans le but de fixer les jeunes, face aux illustions d'un monde parfait
aux senteurs occidentales.