Par Liu Ying
NAIROBI, 29 octobre (XINHUA) -- L'économie de
l'Afrique a bénéficié d'une croissance stable et continue ces dernières
années, ce qui est attribué par des analystes à divers facteurs, dont
l'amélioration de l'environnement économique global et de la
situation de sécurité sur le continent, la hausse des prix des
matières premières et de l'énergie, ainsi que la modification de la
politique économique des pays africains.
Selon les statistiques publiés par le Fonds
monétaire mondial ( FMI), entre 1995 et 2003, l'économie de l'Afrique s'est
redressée à une vitesse moyenne ou basse, avec un taux de croissance
annuelle de 3,5%. En 2004, le taux était passé à 5,3% et a
atteint 5,4% en 2005.
D'après le dernier rapport du FMI sur l'économie
mondiale, l'économie africaine maintiendra le taux de l'année dernière,
mais connaîtra une progression de 5,9% l'année prochaine.
Le rapport estime que l'Afrique subsaharienne entre
dans la période la plus dynamique du point de vue économique depuis les
années 1970, avec un taux de croissance estimé à 5,2% cette année et
à 6,3% l'an prochain.
Le redressement de l'économie mondiale a créé un
environnement favorable au développement économique de l'Afrique.
Ces dernières années, l'augmentation de la demande
pour les matières premières provenant d'Afrique et la hausse des prix de
ces produits ont soutenu la croissance de l'économie africaine.
Actuellement, la production du pétrole du continent
africain représente plus de 10% de celle mondiale. En même temps, les
exportations des produits comme les métaux non-ferreux, le café et le
thé ont connu une forte croissance ces dernières années.
Pour les pays dont les exportations ont diminué,
l'aide extérieure qui ne cesse d'augmenter a amoindri les conséquences
de la baisse des recettes des exportations.
Dans un rapport publié en septembre, la Banque
mondiale a indiqué que l'intensification des échanges commerciaux et des
investissements de la Chine et de l'Inde en Afrique constituent
de nouveaux facteurs en faveur de la croissance économique et de la
création d'emplois en Afrique.
L'économie de l'Afrique a également bénéficié de
l'amélioration de la situation de sécurité. Pendant les 40 dernières années
du siècle précédent, le continent a connu une trentaine de guerres
ou conflits, qui ont causé d'énormes pertes économiques estimées à
250 milliards de dollars.
Avec l'aide de la communauté internationale, le
continent africain a fait beaucoup de progrès dans ses efforts pour mettre
fin à la violence. Les pays souffrant depuis longtemps de
troubles, comme le Liberia, cherchent à installer une situation
stable.
Le prix du pétrole, qui reste à un niveau élevé sur
le marché international, est le principal soutien à la croissance
économique des pays africains producteurs du pétrole. Les statistiques de
la Banque africaine de développement (BAD) montrent que ces pays ont
connu une croissance de 8% en 2005. Le taux de croissance a été
de 20,6% l'année dernière en Angola, deuxième producteur pétrolier
dans la région subsaharienne, après le Nigeria. Le FMI prévoit que le
taux de croissance du PNB de l'Angola depassera 27%, le niveau le plus
élevé du monde.
La hausse des prix des matières premières
non-énergétiques a permis aux pays africains importateurs de pétrole de
diminuer l'impact négatif des prix élevés du pétrole. Le Mozambique, la
Zambie et l'Afrique du Sud ont tiré profit de l'augmentation des
prix des métaux, alors que le Burundi, l'Ethiopie, la Sierra
Leone, le Rwanda et l'Ouganda ont tiré bénéfice de la hausse du prix du
café.
La plupart des pays africains ont modifié leur
politique économique, procédant à des ajustements de la structure
économique et améliorant la gestion dans des secteurs comme le budget, la
monnaie et le taux de change. De grands progrès ont été enregistrés
dans le contrôle de l'inflation et le déficit budgétaire.
Par ailleurs, l'Afrique poursuit ses
efforts dans l'intégration économique afin de relever les défis de
la mondialisation.