NEW YORK (Nations Unies), 23 octobre (XINHUA) -- La
transition politique en Côte d'Ivoire continue d'être entravée par les
intérêts personnels des dirigeants ivoiriens, déplore le secrétaire
général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité dans lequel il lui
demande de n'accepter une nouvelle prolongation que sous des conditions
strictes, et pour la dernière fois.
Ces quatre dernières années, la communauté
internationale a consacré des ressources considérables à aider les parties
ivoiriennes à sortir leur pays de la crise, rappelle le
secrétaire général dans son dernier rapport sur l'Opération des Nations
Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ).
Malheureusement, ces trois derniers mois, les choses
ont pris un tour nettement moins encourageant. Le manque évident de
volonté politique des principaux dirigeants politiques ivoiriens,
incapables de faire passer l'intérêt national avant leurs
intérêts personnels et politiques et donc de régler les problèmes faisant
obstacle à l'identification de la population, a conduit à une
nouvelle impasse y déplore Kofi Annan.
A chaque étape importante du processus de paix,
certains des principaux dirigeants politiques font délibérément de
l'obstruction, exploitent les lacunes des accords, tirent avantage de
subtilités juridiques et incitent leurs partisans à la violence.
Par conséquent, la deuxième période de transition se
termine, comme la première, sans que des élections aient pu se tenir. Cela
étant dit, même si sa frustration est bien compréhensible, la
communauté ne doit pas abandonner le peuple ivoirien à son sort,
affirme le secrétaire général qui salue les recommandations de la
CEDEAO pour l'après-transition qui se termine le 31 octobre.
La CEDEAO, l'Union africaine et l'ONU ne peuvent pas
se permettre de laisser une nouvelle période s'achever sans
élections, ajoute le secrétaire général qui se dit convaincu que la durée
de la nouvelle période de transition doit être déterminée sur la
seule base du temps nécessaire pour achever le processus de
désarmement, de démobilisation et de réintégration, procéder
efficacement à l'identification de la population, démanteler les
milices, rétablir l'autorité de l'état et achever les préparatifs
techniques en vue des élections .
Il ne doit plus être toléré que le manque de volonté
politique des dirigeants politiques ivoiriens entrave les progrès, affirme
le secrétaire général. Il faut donc faire bien comprendre à ces
dirigeants que si la transition est à nouveau prolongée, ce sera
pour la dernièrefois, affirme Kofi Annan.
Avant de procéder à des recommandations détaillées,
le rapport souligne que si des élections ne se tiennent toujours pas, la
CEDEAO, l'Union africaine et le Conseil de sécurité devraient
envisager la mise en place d'une structure gouvernementale de
transition, composée de personnalités impartiales issues de la
société civile, qui puisse achever les programmes de transition,
organiser les élections, et ainsi répondre au désir qu'ont les
Ivoiriens et les états de la région de voir le pays se stabiliser
pour de bon.
En outre, le désarmement et l'identification doivent
être menés en parallèle. Enfin, le secrétaire général insiste sur le
fait que si les grands principes devant régir la délivrance des
certificats de nationalité et l'établissement des listes
électorales, qui se trouvent au coeur de l'impasse actuelle, mais
aussi du conflit lui-même, ne sont pas définis précisément, sans
aucune ambiguïté, la prochaine période de transition ne sera, comme
les précédentes, qu'une suite d'impasses menant à d'autres impasses. Fin