
ABIDJAN, 15 septembre (XINHUA) -- Le ministre
ivoirien des Transports, Innocent Anaky Kobenan, a été agressé et la
résidence du directeur général du Port d'Abidjan pillée vendredi par des
manifestants, qui protestaiennt contre la persistance des odeurs
suffocantes dues aux déchets toxiques déversés sur une dizaine de
sites à Abidjan.
Des centaines d'habitants du quartier d'Akouédo,
dans la commune abidjanaise de Cococy, bloquaient dans la matinée la
circulation sur l'un des axes routiers d'Abidjan avec des barrages de
pneus enflammés, de planches et de vieux réfrigérateurs.

M. Anaky et son épouse se rendaient à une levée de
corps, lorsque parvenus à un barrage, ils ont été forcés de descendre de
voiture par des manifestants qui les ont rudoyés, selon N'Guessan
Joël, secrétaire général du Mouvement des forces d'avenir (MFA),
parti politique du ministre.
Le ministre, selon Joël N'guessan, a été blessé au
visage. Il s'en est sorti avec des contusions tout comme son épouse, mais
leur état n'a pas nécessité une hospitalisation. Toutefois, la
voiture de M. Anaky Kobenan a été saccagée par les manifestants
en colère.
M. Anaky est reproché d'avoir délivré, en sa qualité
de ministre des Transports, un agrément d'avitailleur à la compagnie
Tommy, qui a déchargé plus de 500 tonnes de déchets toxiques du
navire Probo Koala avant de les déverser dans le district
d'Abidjan.

Quelques heures plus tard, les manifestants étaient
à la luxueuse résidence du directeur général du Port autonome
d'Abidjan, M. Marcel Gossio (critiqué pour avoir autorisé le déchargement
des déchets toxiques), qu'ils ont pillée avant d'y mettre le feu.
Jeudi soir, le Premier Ministre Charles Konan Banny
avait annoncé la suspension du directeur des Affaires maritimes du
ministère des Transports, des directeurs généraux des Douanes et du
Port d'Abidjan et du gouverneur du district d'Abidjan, pour
"la défaillance" de leurs administrations qui avait entraîné la
" catastrophe".
Selon le dernier bilan officiel établi jeudi, ces
déchets ont intoxiqués plusieurs milliers d'habitants d'Abidjan, qui en
compte environ 4 millions, et provoqué la mort de sept personnes et
l'hospitalisation de 23 autres, avec plus de 26 000 consultations
médicales liées à des intoxications. Fin