SINGAPOUR, 15 septembre (XINHUA) -- La gouvernance
peut être mesurée et les problèmes de mauvaise gouvernance ne concernent
pas que les pays en développement, indique un nouveau rapport sur la
gouvernance mondiale publié vendredi par la Banque mondiale (BM)
à Singapour.
"La publication de ces indicateurs (sur la
gouvernance à l'échelle mondiale) apporte la preuve que la gouvernance
peut être mesurée et que les problèmes de mauvaise gouvernance ne sont pas
un défi réservé aux pays en développement", a déclaré Daniel
Kaufmann, directeur de la gouvernance mondiale à l'Institut de la
BM, lors d'une conférence de presse.
Selon le rapport intitulé "Questions de gouvernance"
( Governance Matters), des pays engagés dans une politique de
réformes, comme le Botswana, le Ghana, le Mozambique, le Nigeria, le
Sénégal et la Tanzanie, ont réalisé des progrès dans un ou plusieurs
domaines de la gouvernance ces dix dernières années.
Une douzaine de pays hors de l'Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE), tels que le Botswana,
le Chili, l'Estonie et la Slovénie, présentent de meilleurs résultats dans
certains aspects de la gouvernance que des pays industrialisés tels
que la Grèce ou l'Italie, précise le rapport.
Les pays qui réforment leurs modes de gouvernance
peuvent s'attendre à des gains considérables en terme de développement,
puisqu'une amélioration de gouvernance se traduit à long terme par un
revenu par habitant presque multiplié par trois, selon le rapport, qui
contient les derniers "Indicateurs mondiaux sur la gouvernance",
recueillis par la BM.
Ces indicateurs, couvrant plus de 200 pays, sont
basés sur plus de 120 000 réponses de citoyens, d'experts et d'entreprises
du monde entier, provenant de 30 sources différentes. Ils mesurent
les six composantes de la gouvernance : être à l'écoute et rendre
compte, stabilité politique et absence de violence, efficacité
des pouvoirs publics, qualité de la réglementation, Etat de droit et
maîtrise de la corruption.
"La gouvernance est difficile à mesurer et aucun
indicateur n'est fiable à 100%", a expliqué Aart Kraay, économiste
principal du Groupe de recherche de la BM et co-auteur du rapport.
"Nous nous efforçons d'être le plus transparents
possible sur le degré d'imprécision, imprécision qui existe dans tous les
autres outils de mesure de la gouvernance mais qui est rarement
admise", a indiqué M. Kraay.
Pour sa part, M. Kaufmann a souligné que les
donateurs, les dirigieants nationaux, la société civile et le secteur
privé devaient travailler de concert pour aider les pays à améliorer
leur gouvernance. Fin