Au cours de
l’année écoulée, le gouvernement chinois a attaché une haute importance à la
mise en œuvre des actions de suivi du Forum sur la Coopération sino-africaine.
Grâce au soutien actif des pays africains et aux efforts conjugués de part et
d’autre, le travail du suivi du Forum s’est déroulé de manière satisfaisante, ce
qui se traduit par des résultats concrets sur certains points et des progrès
substantiels concernant d’autres points. Je dois souligner ce qui suit
:
I. Le renforcement
continu des échanges et de la coopération sino-africains sur le plan politique.
Premièrement, les
échanges de visite de haut niveau très fréquents entre la Chine et l’Afrique ont
créé un nouveau courant d’échanges intenses dans les annales de l’amitié
sino-africaine. Nous notons la visite du président chinois Hu Jintao en Égypte,
au Gabon et en Algérie en début d’année, celle du vice-président Zeng Qinghong
en Tunisie, au Togo, au Bénin et en Afrique du Sud en juin, celle du président
du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale Wu Bangguo au Kenya, au
Zimbabwe, en Zambie et au Nigeria en octobre et novembre, ainsi que celle du
vice-premier ministre Huang Ju en Égypte en novembre. Si on y ajoute la visite
du premier ministre Wen Jiabao en Éthiopie fin 2003, cinq principaux dirigeants
chinois ont visité l’Afrique en l’espace d’un an, ce qui est sans précédent dans
l’histoire des échanges amicaux sino-africains et témoigne pleinement de
l’importance qu’attache la Chine à l’amitié et à la coopération sino-africaines.
Côté africain, depuis le début de l’année, huit présidents, deux
vice-présidents, deux premiers ministres, six présidents du parlement et dix
ministres des affaires étrangères ont effectué des visites en Chine. Nous notons
aussi l’intensification des échanges entre les parlements, le renforcement des
contacts entre les partis politiques et le grand dynamisme des échanges entre
les services gouvernementaux et les ONG. Tous ces échanges et visites ont
contribué à la promotion de la compréhension mutuelle et au raffermissement de
l’amitié entre les deux parties, ainsi qu’à l’approfondissement de leur
coopération dans les différents domaines.
Deuxièmement, la
Chine et l’Afrique ont continué à se soutenir mutuellement et à travailler en
étroite collaboration dans les affaires internationales et sur les questions
importantes. S’agissant du projet de résolution dont la Chine était la cible au
cours de la 60e session de la Commission des droits de l’homme des Nations
Unies, et de celui sur Taiwan lors de la 57e session de l’Assemblée mondiale de
la Santé, comme des candidatures chinoises aux postes des organisations
internationales, la Chine a bénéficié de l’appui énergique de la grande majorité
des pays africains. Elle tient donc à leur en exprimer sa haute appréciation et
sa profonde gratitude. De son côté, la Chine a aussi apporté son soutien à ses
amis africains dans les enceintes internationales. Elle a pris une part active
aux discussions sur les questions africaines au sein du Conseil de Sécurité, en
restant très attentive aux opinions des pays africains et en se faisant le
porte-parole de leurs préoccupations. Dans les élections au sein de la
Commission des droits de l’homme et de la Sous-Commission de la promotion et de
la protection des droits de l’homme de cette année, la Chine a soutenu les pays
africains de diverses manières. Elle a participé à la réunion du Conseil de
Sécurité au Kenya sur le Soudan et la Somalie et à la Conférence internationale
sur la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs en Tanzanie. Le vice
représentant permanent de Chine aux Nations Unies, ambassadeur Zhang Yishan
s’est rendu aux pays de la région des Grands Lacs avec la délégation onusienne.
La Chine a participé activement aux activités importantes de l’Union africaine
en assistant au sommet de l’UA et à la session extraordinaire de l’UA sur
l’emploi tenus respectivement en juillet et en septembre. En octobre, la Chine a
organisé le premier colloque Chine-Afrique sur les droits de l’homme qui a été
très fructueux avec la participation des représentants de 27 pays
africains.
Troisièmement, la
coopération sino-africaine en matière de paix et de sécurité s’est renforcée. La
Chine a jusqu’ici participé à neuf opérations de maintien de la paix de l’ONU en
Afrique en y envoyant 1 401 militaires. Cette année, elle a continué à
participer activement à ces opérations en Afrique et a envoyé, sur la demande de
l’ONU, 567 militaires dans le cadre des missions onusiennes au Libéria, en Côte
d’Ivoire, au Burundi, en éthiopie et en érythrée. Elle a renouvelé en partie ses
effectifs d’observateurs militaires en mission dans les régions d’opération de
l’ONU, notamment au Sahara occidental, en éthiopie, en érythrée et en République
démocratique du Congo. À l’heure qu’il est, la Chine est présente dans sept
opérations de maintien de la paix de l’ONU en Afrique, avec au total 837
militaires chinois. Dans le cadre de ces opérations, elle a envoyé trois
contingents, soit 558 personnes, au Libéria pour des missions de transports, de
génie civil et de soins médicaux, et trois observateurs militaires en Côte
d’Ivoire et trois autres au Burundi pour participer aux nouvelles missions
instituées par l’ONU dans ces deux pays au cours de cette année. Pour promouvoir
le règlement de la crise humanitaire au Darfour et le processus de paix en
Somalie, le gouvernement chinois a fourni, dans la mesure de ses possibilités,
des aides matérielles et financières.
II. Les importants
progrès de la coopération économique et commerciale sino-africaine.
En premier lieu,
le commerce sino-africain et les investissements ont enregistré une nouvelle
croissance.
Le volume des
échanges commerciaux entre les deux parties n’a cessé d’augmenter. La Chine a
œuvré ensemble avec les pays africains, sur la base de l’égalité, des avantages
réciproques, de la complémentarité et du développement commun, pour développer
et étendre leur coopération commerciale. Grâce aux efforts conjugués déployés
par les gouvernements et les entreprises chinois et africains, le commerce
sino-africain a connu une bonne situation en 2004. Par rapport à la même période
de l’année précédente, le volume de l’import-export entre la Chine et l’Afrique
pendant les dix premiers mois a augmenté de 54,3% pour atteindre 23,12 milliards
de US dollars, dont 10,98 milliards pour les exportations chinoises vers
l’Afrique, soit une augmentation de 33,8% et 12,14 milliards pour les
importations chinoises en provenance de l’Afrique, ayant un taux de croissance
de 79,2%. Les exportations africaines ont connu un accroissement rapide,
laissant un déficit de 1,16 milliard US dollars pour la Chine.
Les
investissements chinois en Afrique ont continué à s’accroître. De janvier à
septembre 2004, les investissements directs chinois en Afrique se sont élevés à
54,346 millions de US dollars. Vers la fin du mois de septembre 2004, le montant
des investissements directs chinois en Afrique a atteint 546 millions de
dollars. Les projets d’investissement de la Chine sont répartis dans 49 pays
africains, couvrant des domaines aussi divers que le commerce, la transformation
industrielle, la mise en valeur des ressources naturelles, les transports,
l’agriculture et l’exploitation polyvalente des produits agricoles. Jusqu’à
présent, la Chine a signé avec 26 pays africains des accords bilatéraux pour la
promotion et la protection des investissements.
Deuxièmement, la
Chine a accru son aide aux pays africains. De janvier à novembre, la Chine s’est
chargée de 33 projets complets dans 21 pays africains, de 28 projets de
coopération technique dans 21 pays et de 28 projets d’assistance matérielle dans
21 pays, auxquels il faut ajouter cinq projets qui seront réalisés par des
entreprises chinoises avec des crédits préférentiels.
Troisièmement, la
Chine a pris des mesures pour mettre en œuvre le traitement de tarif zéro en
faveur de certains produits en provenance de 28 pays africains les moins avancés
ayant des relations diplomatiques avec elle, et des progrès substantiels ont été
enregistrés à cet égard. À partir de la liste des produits importés en 2002 et
2003 en provenance de ces 28 pays, et en excluant les produits qui ont bénéficié
du tarif zéro en 2004 ainsi que certains produits sensibles, la Chine a élaboré
une liste de 187 catégories de produits qui seront exemptés des droits de douane
et a établi les règles d’origine et les procédures pour la délivrance et la
vérification des certificats d’origine. Les négociations avec les pays concernés
ayant pris fin, le traitement de tarif zéro sera appliqué à partir du 1er
janvier 2005. Par ailleurs, la Chine a organisé des stages de formation pour des
fonctionnaires chargés de la délivrance des certificats d’origine et des agents
douaniers de pays bénéficiaires.
Quatrièmement, la
coopération pour la mise en valeur des ressources humaines de l’Afrique s’est
renforcée. Tout en y consacrant des fonds plus importants que par le passé, la
Chine a multiplié les programmes de formation et mis en place un mécanisme de
coordination interministériel pour la coopération avec l’étranger dans le
développement des ressources humaines. Les fonds ainsi consacrés à la formation
des Africains pour cette année ont plus que doublé par rapport à l’année passée.
Selon des statistiques encore incomplètes, plus de 2100 Africains ont fait un
stage de formation en Chine de janvier à novembre 2004. La Chine a envoyé en
Afrique plus de 300 experts agronomes et plus de 60 formateurs professionnels.
Le projet de jeunes volontaires en Afrique ayant été lancé, les premiers
arriveront bientôt sur place.
Cinquièmement, les
accords signés lors de la conférence des entrepreneurs chinois et africains
sont, dans l’ensemble, en bonne voie d’exécution. En fait, il s’agit de 21
accords de coopération pour un montant total d’un milliard de US dollars. La
Chine veille à leur application par les entreprises chinoises. Parmi ces
projets, l’accord de coopération d’un montant de 130 millions de dollars signé
entre China National Aero-Technology Import&Export Corporation et Zimbabwe
National Power et portant sur la modernisation des réseaux électriques dans les
régions rurales au Zimbabwe a été mis à exécution. Les autres entreprises qui ne
veulent pas se laisser distancer, préparent activement, elles aussi, la mise en
œuvre le plus tôt possible de leurs projets.
III. Les autres
projets prévus dans le cadre du suivi du Forum se sont réalisés
eux-aussi.
Sur le plan
culturel, le festival international « Rendez-vous à Beijing » ayant l’Afrique
comme continent d’honneur s’est tenu avec succès à Beijing en mai 2004. Nous
avons noté la présence à cette occasion de neuf groupes artistiques et de huit
délégations culturelles gouvernementales, venus des différentes régions de
l’Afrique. Trois expositions d’art consacrées à l’Afrique ont été organisées à
Beijing. Le premier ministre chinois Wen Jiabao a participé à la cérémonie de
clôture du festival et a hautement apprécié cette manifestation. En juillet, le
« Voyage de la culture chinoise en Afrique », qui s’est rendu dans 16 pays ou
régions africains, a été couronné d’un plein succès. Parallèlement, des groupes
de chants et de danses, d’acrobatie et d’arts martiaux chinois ont effectué des
tournées dans 11 pays africains et offert aux populations de l’Afrique du Sud,
du Cameroun et du Ghana un festival de l’art chinois.
Dans le domaine
touristique, huit nouveaux pays africains se sont vu accorder le statut de pays
de destination approuvée, suite à la signature avec la Chine d’un mémorandum
d’entente. À partir du 15 décembre 2004, les groupes de touristes chinois sont
autorisés officiellement à se rendre dans ces pays.
En ce qui concerne
les échanges populaires, le premier « Festival des jeunesses chinoise et
africaine » s’est tenu avec succès en Chine en août dernier, et il avait comme
temps forts le Forum de coopération des jeunes chinois et africains avec la
publication de la Déclaration de Beijing du Forum, la rencontre des jeunes
entrepreneurs chinois et africains et des échanges culturels des
jeunes.
Certes, beaucoup
ont été faits pour assurer le suivi de la deuxième conférence ministérielle,
mais beaucoup restent à faire, puisque, nous en sommes bien conscients, la mise
en œuvre du Plan d’action d’Addis-Abéba est un travail complexe qui couvre
divers domaines, politique, sécuritaire, économique, commercial, culturel et
éducationnel, et nécessite les efforts conjugués des dizaines de pays africains
et de nombreux départements ministériels chinois. Nous avons surtout à préparer
la quatrième réunion des hauts fonctionnaires pour 2005 et la troisième
conférence ministérielle pour 2006. J’aimerais vous présenter brièvement le plan
préliminaire de la partie chinoise pour l’étape suivante du suivi du Forum
:
1. Poursuivre et
renforcer les échanges de visites de haut niveau et la coopération politique
entre les deux parties ; explorer activement des voies multiples d’échanges et
de coopération à différents niveaux entre les organes législatifs et les partis
politiques ; approfondir la compréhension et la coopération entre les deux
parties dans les affaires internationales, comme la question des droits de
l’homme.
2. La Chine entend
renforcer ses échanges en matière de gestion de l’état pour partager avec les
pays africains ses expériences de développement. Elle entend également échanger
et partager ses expériences avec les autres pays du monde concernant la
coopération avec l’Afrique, pour contribuer au développement et à la lutte
contre la pauvreté en Afrique. Elle agira au sein de la communauté
internationale pour créer un environnement et des conditions favorables au
développement de l’Afrique.
3. Approfondir la
coopération économique et commerciale sino-africaine. La Chine continuera à
accorder, dans la mesure de ses possibilités, des aides à l’Afrique par voie
bilatérale comme dans le cadre du Forum. Elle travaillera dans le sens de
l’augmentation des importations en provenance d’Afrique et des investissements
dans les deux sens, et veillera à la bonne exécution des projets de coopération
économique et commerciale avec l’Afrique. Elle mettra tout en œuvre pour que
l’exemption des droits de douane en faveur de certains produits des 28 pays
africains soit appliquée dans les meilleurs délais. Elle pressera les
entreprises chinoises à mettre effectivement à exécution les contrats signés
lors de la conférence des entrepreneurs chinois et africains et encouragera un
plus grand nombre d’entreprises à aller en Afrique pour réaliser une coopération
multiforme.
4. Explorer de
nouvelles voies et méthodes de coopérations avec l’Afrique pour la mise en
valeur des ressources humaines. La Chine adoptera des méthodes plus souples pour
aider les pays africains à former des cadres gestionnaires et techniciens dont
ils ont grand besoin. En 2005, elle redoublera d’efforts dans la coopération
avec l’Afrique pour la valorisation des ressources humaines en étendant les
domaines et en enrichissant les programmes de formation. On prévoit en 2005 une
nette augmentation des Africains formés par rapport à 2004.
5. Continuer à
réfléchir sur les moyens efficaces d’associer le Forum et le NEPAD et établir
des liens directs entre le Forum et le secrétariat exécutif du NEPAD. L’accent
sera mis sur la coopération sino-africaine dans les domaines de l’agriculture,
de la construction des infrastructures, de la mise en valeur des ressources
humaines ainsi que d’autres secteurs prioritaires du NEPAD, sans oublier la
coopération dans les secteurs culturel, éducationnel, sanitaire, environnemental
et financier.
6. Préparer et
faire réussir la quatrième réunion des hauts fonctionnaires en 2005 afin de
jeter une base solide pour la troisième conférence ministérielle en 2006. Pour
ce faire, il faut renforcer le mécanisme de suivi du Forum et organiser des
échanges de vues avec les pays africains par divers canaux et
moyens.