ABIDJAN, 6 septembre
(XINHUA) -- Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a présenté
mercredi à Yamoussoukro (centre) la démission de son gouvernement, suite à
l'affaire du déversement illégal des déchets toxiques à Abidjan.
Le président Gbagbo a accepté cette démission, à
l'issue du conseil des ministres qui a porté spécialement sur l'affaire,
et a donné un rendez-vous avec le Premier ministre Charles Konan
Banny, jeudi à Abidjan, pour la formation d'un nouveau gouvernement.
Selon la presse ivoirienne, des déchets hautement
toxiques, convoyés par un navire étranger, ont été déversés dans la nuit
du 19 au 20 août sur au moins neuf sites d'Abidjan, capitale
économique de la Côte d'Ivoire.
"La situation que nous traversons est difficile,
grave. C'est un mal auquel nous ne sommes pas habitués (...) J'accepte la
démission de votre gouvernement", a dit M. Gbagbo à son Premier
ministre, tout en souhaitant que ce dernier reste en place pour
gerer les affaires courantes.
Selon les estimations officielles, trois personnes
ont été tuées et près de 1 500 personnes ont été intoxiquées par ces
produits chimiques déversés, et le ministère de la Santé et de
l'Hygiène publique a souhaité une assistance technique de
l'étranger.
"La démission du gouvernement est une mesure
politique. Il y aura aussi des mesures administratives (...) et pénales. A
quelque niveau que ce soit, il faut que les coupables soient débusqués et
punis. Il faut des sanctions, il faut aussi une prise en charge
gratuite des victimes", a ajouté le chef de l'Etat ivoirien.
"Tous les responsables impliqués dans cette triste
affaire seront sanctionnés. Il s'agit du Port autonome d'Abidjan, de la
direction générale des douanes, du district d'Abidjan, des personnes
reconnues coupables au ministère des Transports.", a déclaré de son côté
le Premier Ministre.
Le gouvernement de transition de M. Konan Banny, mis
en place depuis fin décembre 2005, comprenait des membres de la mouvance
présidentielle, de l'opposition et de la rébellion des FN, qui
contrôlent la partie nord du pays depuis un coup d'Etat raté contre
le président Gbagbo en septembre 2002.
Le conseil des ministres extraordinaire de mercredi
a par ailleurs décidé de prendre des mesures d'urgence, dont la prise
en charge gratuite des personnes intoxiquées, le renforcement des
mesures de protection des ressources en eau, selon un communiqué
publié après la réunion.
Le gouvernement prendra également toutes les
dispositions pour l'élimination des déchets et des sanctions
administratives seront prises et annoncées incessament contre les auteurs
et responsables de cette affaires, selon la même source.
Parallèlement, les manifestations de jeunes
Abidjanais se poursuivaient mercredi, pour la troisième journée
consécutive. Réclamant "la vérité et la transparence", les manifestants,
ont érigé des barrages, dans plusieurs quartier d'Abidjan, obligeant
les automobilistes à rebrousser chemin. Fin