NEW YORK (Nations Unies), 6 septembre (XINHUA) -- Le
Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap) a publié mercredi son
rapport annuel sur l'état de la population mondiale, appelant
notamment les gouvernements à protéger les droits des femmes
migrantes.
Intitulé "Vers l'espoir: les femmes et la migration
internationale", le rapport examine l'ampleur et l'étendue de la
migration féminine, l'impact des fonds qu'elles envoient chez elles
pour venir en aide à leurs familles, et leur vulnérabilité excessive à la
traite, à l'exploitation et aux mauvais traitements.
La moitié des migrants internationaux sont des
femmes et des filles "soit 95 sur 191 millions", indique le Fnuap, selon
lequel, les droits des femmes migrantes continuent d'être négligés et
ignorés, malgré des contributions substantielles à leur famille
laissée au pays d'origine et aux communautés où elles s'établissent
à l'étranger.
"Le rapport demande aux gouvernements et aux
individus de reconnaître et d'apprécier les contributions des femmes
migrantes, de promouvoir et respecter leurs droits humains", a insisté
Thoraya Ahmed Obaid, directrice du Fnuap.
Mme Thoraya a également appelé à renforcer la
coopération entre les pays "pour rendre la migration moins dangereuse et
plus équitable".
"Les politiques d'immigration restrictives, qui
limitent les possibilités d'émigrer en sécurité et légalement, alimentent
le désespoir qui pousse des millions de femmes et de filles à
confier leur bien-être et, dans certains cas, leur vie même à des
trafiquants sans scrupules qui se présentent frauduleusement sous
les traits de démarcheurs pour des emplois licites", indique un
communiqué du Fnuap.
"Aujourd'hui, la traite des humains vient au
troisième rang des commerces illicites, après le trafic des drogues et
celui des armes. Contrairement à ce qui se passe dans les deux autres
trafics, les victimes de la traite restent une source permanente de
revenu à exploiter encore et toujours jusqu'à ce qu'elles soient trop
malades ou usées pour continuer à subir l'exploitation ", indique le
communiqué.
Le rapport appelle à une coopération accrue entre
les pays et à l'intérieur de chaque pays pour déférer les trafiquants à la
justice.
le travail domestique reste l'un des plus importants
secteurs à la source du mouvement international des travailleuses
migrantes, a fait remarquer le Fnuap, affirmant que chaque année, des
millions de femmes émigrent d'Asie, d 'Amérique latine et des
Cara? bes, et de plus en plus d'Afrique, vers l'Europe et l'Amérique du
Nord, les Etats du Golfe et les pays d'Asie en voie
d'industrialisation.
Cependant, la législation du travail protège
rarement les employées de maison. Des millions de femmes dépendent ainsi
de leurs employeurs pour rester légalement dans le pays hôte, ainsi
que pour le logement, la nourriture et les gages, précise le
rapport.
Le rapport évoque une autre forme de migration
féminine: l'exode massif d'infirmières du monde en développement vers les
pays industrialisés.
Le vieillissement de la population, combiné à la
pénurie d'infirmières et de médecins dans les pays hôtes, alimente la
demande. L'exode annuel de 20 000 infirmières et médecins hautement
qualifiés hors d'Afrique aggrave une situation déjà sérieuse pour une
région ravagée par le VIH/sida, le paludisme et une mortalité maternelle
et infantile élevée.
La publication du rapport du Fnuap intervient une
semaine avant le Dialogue de haut niveau sur la migration internationale et
le développement, au siège de l'ONU à New York (14 et 15 septembre).
Fin