PHNOM PENH, 1er sept (XINHUA) -- L'Assemblée
nationale du Cambodge a approuvé vendredi une nouvelle loi sur la
monogamie selon laquelle un homme et une femme sont passibles de prison en
cas d'adultère.
Sur les 69 députés présents à la session, 64 se sont
prononcés pour cette loi et 5 contre, tandis que la plupart des membres du
parti royaliste FUNCINPEC ont quitté la session avant le vote.
Selon cette loi, les citoyens cambodgiens ne doivent
avoir qu'un seul conjoint et l'adultère commise par un homme ou une
femme officiellement marié est passible d'une peine de prison allant
de six mois à un an ainsi que d'une amende d'un millions de riel (environ
244 dollars).
La loi, qui fait de l'adultère un crime, a suscité
des débats houleux à l'Assemblée nationale jeudi, causant des divisions
profondes parmi les députés au sujet de ses conséquences sur la
société, selon la presse locale.
Les membres du Parti du peuple cambodgien (CPP) au
pouvoir ont affirmé que cette loi pourrait protéger la moralité au
Cambodge. L'un d'entre eux, Som Kimsour, a insisté sur le fait que "la loi
protègera la dignité de la société Khmer, et favorisera le
respect mutuel entre mari et femme."
"Cela donnera une morale à la population pour agir
de manière responsable en famille," a-t-elle estimé, ajoutant que la loi
pourrait éviter à des enfants de grandir dans des foyers éclatés.
Toutefois, le député du Parti Sam Rainsy (SRP)
d'opposition Ke Sovannaroth a pour sa part soutenu que la législation ne
serait d'aucune aide aux enfants pour les problèms associés au
divorce.
"Nous ne soutenons pas l'adultère, la bigamie ou
l'inceste, mais nous ne voulons pas de cette loi. C'est la société qui
doit juger les fautes morales," a estimé Eng Chhay, également membre
du SRP. "Si un député, un ministre ou le Premier ministre commet
l'adultère, nous laisserions la population les juger." Fin