GENEVE, 23 août (XINHUA) -- L'accès à des données de
la société SWIFT que les USA se sont procuré pour enquêter et lutter
contre le terrorisme n'a pas porté atteinte à la souveraineté de la
Suisse. Telle est la conclusion à laquelle parvient le Conseil fédéral de
la Suisse dans la réponse qu'il a donnée mercredi à la Commission de
gestion du Conseil national suisse.
Selon un communiqué publié par le Département
fédéral des finances de la Suisse (DFF), comme l'a révélé un article du
"New York Times" daté du 23 juin 2006, les autorités américaines se
sont procuré aux USA un accès, par voie de décret, à des données
relatives aux flux financiers internationaux transmises par le biais
du réseau de télécommunication de la "Society for Worldwide Interbank
Financial Telcommunication" (SWIFT). Cette société, dont le siège principal
se trouve en Belgique, possède également une succursale au
Etats-Unis.
Au début du mois de juillet 2006, la Commission de
gestion du Conseil national suisse a demandé au Conseil fédéral suisse de
se prononcer sur le sujet. Dans la réponse qu'il a présentée
mercredi, le Conseil fédéral suisse souligne que la Suisse attache une
grande importance à la lutte contre le terrorisme et son
financement. Elle collabore activement et étroitement sur le plan
international (ONU,GAFI, coopération bilatérale) avec les pays
partenaires.
Concernant l'accès aux données, le Conseil fédéral
suisse précise que les opérations de paiement en francs suisses
effectuées à l'intérieur de la Suisse ne se font en principe pas par
le biais du système SWIFT, mais par le Swiss Interbank Clearing. Elles ne
sont donc pas touchées par le programme américain. Le système SWIFT peut
par contre être utilisé pour des paiements effectués en Suisse mais dans
une monnaie étrangère. Comme l'accès aux données de SWIFT a cependant eu
lieu aux Etats- Unis sur la base du droit américain, il n'a pas porté
atteinte à la souveraineté de la Suisse.
Toujours selon le DFF, pour ce qui est du secret
bancaire, il convient de rappeler que, en vertu du principe de
territorialité inscrit dans le droit international, il n'est garanti que
sur le territoire national. La Suisse ne peut ainsi pas empêcher que des
autorités étrangères se procurent à l'étranger un accès à des
données qui, en Suisse, tomberaient sous le secret bancaire. Fin