TEHERAN, 6 août (XINHUA) -- Le chef des négociateurs
nucléaire iranien, Ali Larijani, a déclaré dimanche que Téhéran
poursuivrait son programme d'enrichissement d'uranium, en dépit de la
résolition 1696 du Conseil de sécurité de l'ONU qui en exige un
arrêt avant le 31 août.
Les pays ayant adopté la résolution "doivent
comprendre qu'une telle résolution ne pourra pas affecter notre décision.
Nous la rejettons et poursuivrons les droits du peuple iranien de
développer les programmes nucléaries", a déclaré M. Larijani devant
la presse.
"Nous étendrons notre programme nucléaire selon nos
besoins. Il pourra inclure toutes les technologies nucléaires, y compris
celles relatives aux cascades de centrifugeuses (installations
d'enrichissement d'uranium)", a affirmé M. Larijani, lors d'une
conférence de presse.
"Les Etats-Unis n'ont aucun droit de demander à
l'Iran d'arrêter l'enrichissement d'uranium. L'Iran n'a violé aucune
obligation du Traité de non-prolifération (TNP). C'est pourquoi nous
rejettons cette résolution", a-t-il expliqué.
Selon M. Larijani, cette résolution est "contraire"
au projet de proposition avancé en juin dernier par six pays (Allemagne,
Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), projet qui
demande à l'Iran d'y donner une réponse avant le 22 août.
Le responsable iranien a également accusé les
Etats-Unis d'agir à l'encontre de ce projet de six pays, et de tenter de
priver l'Iran des droits légitimes aux activités d'enrichissement
d'uranium.
Lundi, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, par
14 voix contre une, la résolution 1696, qui donne à l'Iran un délai
jusqu'au 31 août pour suspendre notamment toutes ses activités
d'enrichissement d'uranium sous la peine de faire face à
d'éventuelles sanctions.
De hauts responsables iraniens ont manifesté
récemment leur indignation vis-à-vis de l'exigence du Conseil de sécurité.
Ils l'ont mis en garde contre toute prise de mesures susceptibles de
forcer l'Iran à se conformer à sa résolution, tout en menaçant de se
retirer du TNP ou de suspendre la coopération avec l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA).
Les Etats-Unis accusent l'Iran de développer en
discrétion des armes nucléaire sous le prétexte d'une utilisation
pacifique, une allégation catégoriquement démentie par Téhéran.