Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens à souhaiter, en ma qualité de
coprésident de la Conférence ministérielle 2003 du Forum sur la coopération
sino-africaine, une chaleureuse bienvenue aux représentants des pays d'Afrique,
aux honorables invités des organisations internationales et régionales ainsi
qu'à tous les amis ici présents.
L'éthiopie, pays hôte, a accompli un immense
travail de préparation et de coordination pour accueillir cette conférence. Je
tiens à exprimer, au nom du gouvernement chinois, mes vifs remerciements au
gouvernement éthiopien.
C'est en Afrique que j'ai commencé ma carrière
diplomatique. J'y ai travaillé presque dix ans. Je garde toujours un souvenir
agréable de ce beau continent et de ses peuples chaleureux et amicaux. Et
aujourd'hui, je me réjouis vivement de me trouver parmi vous pour discuter
ensemble du nouveau projet de coopération entre la Chine et les pays
africains.
Dans le discours qu'il vient de prononcer, le
Premier ministre Wen Jiabao a réitéré l'attachement du nouveau gouvernement
chinois à la solidarité et à la coopération avec les pays en développement, dont
les pays africains. Notre volonté, c'est de travailler en commun avec les
gouvernements des pays africains pour porter la coopération sino-africaine à un
nouveau palier.
La création il y a trois ans du Forum sur la
coopération sino-africaine a été un événement important dans l'histoire des
relations entre la Chine et l'Afrique. Depuis lors, grâce aux efforts conjugués
des deux parties, les actions pour assurer le suivi de la première Conférence du
Forum ont enregistré des résultats réjouissants. Maintenant, je me permets de
vous en présenter le rapport suivant :
1. L'institutionnalisation du mécanisme du Forum
a enregistré des progrès constants.
Les dirigeants chinois et africains ont été
unanimes à faire, par leurs efforts communs, du Forum sur la coopération
sino-africaine une nouvelle plate-forme de coopération entre les deux parties.
La Chine et des pays africains ont créé des mécanismes interministériels pour
coordonner les actions en vue du suivi du Forum.
Suite à la réunion ministérielle de
consultations à Lusaka et à la réunion de hauts fonctionnaires à Addis-Abeba, a
été adoptée la Procédure pour le mécanisme de suivi du Forum sur la coopération
sino-africaine, qui a permis d'institutionnaliser le mécanisme du Forum.
Une coopération fructueuse s'est instaurée entre
le groupe diplomatique africain à Beijing et le secrétariat du Comité de Suivi
chinois du Forum.
2. La coopération et les échanges politiques
entre la Chine et l'Afrique n'ont cessé de s'intensifier.
Les échanges de visites de haut niveau et les
contacts entre les différents milieux se font toujours plus fréquents. On note
20 visites en Afrique de dirigeants chinois et le séjour en Chine d'une
trentaine de présidents, vice-présidents, premiers ministres et présidents du
parlement africains. Et les échanges à différents niveaux, sur les plans
politique, économique, commercial, culturel, médical, éducatif ou à caractère
non gouvernemental ne cessent de se multiplier.
On note aussi des progrès constants dans la mise
en place des mécanismes de dialogue bilatéral et de coopération. La Chine et un
certain nombre de pays africains ont successivement mis sur pied des mécanismes
de consultations politiques entre les Ministères des Affaires étrangères, des
Commissions mixtes économiques et commerciales et des Commissions conjointes
scientifiques et techniques où sont représentés les départements gouvernementaux
concernés.
La Chine a apporté son soutien aux pays
africains dans leurs efforts pour le maintien de la paix et de la stabilité dans
leur région. Elle a fourni des aides financières et matérielles à des
organisations régionales et à des pays africains. Elle a envoyé, pour la
première fois, 218 personnes pour participer aux opérations de maintien de la
paix de l'ONU en République démocratique du Congo. Elle participera
prochainement aux opérations de maintien de la paix de l'ONU au Liberia.
La Chine a soutenu l'Afrique qui s'est efforcée
de renforcer sa solidarité et d'accroître sa puissance par elle-même. Elle a
soutenu la création de l'Union africaine, et les dirigeants chinois ont adressé
un message de félicitations à l'occasion de cet événement et envoyé une
délégation de haut niveau pour assister au premier sommet de l'Union africaine.
Elle a accordé son appui à la mise en œuvre du Nouveau Partenariat pour le
Développement de l'Afrique (NEpad) et appelé la communauté internationale à
suivre de plus près et à soutenir davantage le processus de développement
africain.
La Chine et l'Afrique ont continué de se prêter
soutien et de se concerter dans les affaires internationales. Au Conseil de
Sécurité de l'ONU, comme dans d'autres enceintes internationales et au cours de
négociations commerciales multilatérales, la Chine a soutenu la position des
pays africains, en renforçant les consultations et la coopération avec eux afin
de défendre ensemble les droits et intérêts légitimes des pays en
développement.
Les nombreux pays africains ont réaffirmé leur
attachement à la politique d'une seule Chine et leur soutien à l'œuvre de la
réunification de la Chine. Au printemps 2003, ils ont témoigné sympathie et
soutien, sous diverses formes, à la Chine en lutte contre le SRAS. Le
gouvernement chinois apprécie hautement les sentiments d'amitié des
gouvernements et peuples africains et leur exprime tous ses
remerciements.
3. La coopération sino-africaine s'est étendue
sans cesse sur les plans économique et social.
Le gouvernement chinois a honoré ses engagements
pris à la première Conférence ministérielle du Forum sur la réduction des dettes
africaines, et ce, avant la date prévue et en dépassant ses promesses. À la date
de juin 2002, la Chine a signé avec 31 pays africains des protocoles sur
l'annulation totale ou partielle de dettes portant sur 156 dettes échues, pour
un montant total de 10,5 milliards de yuans RMB. Par ailleurs, elle a exhorté la
communauté internationale à mettre en œuvre plus rapidement ses engagements sur
l'annulation ou la réduction des dettes.
Le commerce entre la Chine et l'Afrique a
augmenté d'année en année. En 2002, il a atteint 12,39 milliards de dollars,
soit une croissance de 700 % par rapport à celui de 1991. Et il s'est élevé à
14,98 milliards de dollars pour les dix premiers mois de cette année. Pour
équilibrer le commerce sino-africain, la Chine a fait tous ses efforts pour
accroître ses importations en provenance d'Afrique, en organisant en Chine, par
exemple, des expositions et des manifestations de promotion des produits
africains, afin de faciliter leur accès au marché chinois. Ces dernières années,
les exportations africaines vers la Chine se sont accrues considérablement,
réduisant le déficit commercial de l'Afrique vis-à-vis de la Chine.
Notre coopération en matière d'investissement a
progressé rapidement. La Chine a signé avec une vingtaine de pays africains des
accords bilatéraux sur la protection des investissements et ouvert dans 11 pays
africains un « centre de promotion de l'investissement et du commerce de Chine
». Le gouvernement chinois encourage des entreprises performantes à investir en
Afrique. C'est ainsi que 117 entreprises chinoises ont été nouvellement créées,
qui s'ajoutent à celles implantées dans 49 pays africains opérant dans des
secteurs aussi variés que la transformation industrielle, les transports, les
télécommunications, la mise en valeur des ressources naturelles, l'agriculture
et le commerce. L'Afrique du Sud et d'autres pays ont accru progressivement
leurs investissements en Chine et élargi la coopération et les échanges
techniques.
La Chine a continué de fournir, dans la mesure
de ses capacités, une assistance sans aucune condition politique aux pays
africains. Pendant la période envisagée, la Chine et les pays africains ont
conclu 245 accords sur l'assistance économique, représentant en valeur quelque
44 % de l'aide chinoise à l'étranger pour cette période. La part de l'aide sans
contrepartie a connu une hausse continue. La Chine a ainsi aidé des pays
africains à réaliser des projets d'infrastructures et de bien-être qui répondent
à des besoins immédiats, telles que routes, installations urbaines
d'approvisionnement d'eau, écoles et hôpitaux.
La coopération sino-africaine dans le
développement des ressources humaines s'est avérée particulièrement efficace. La
Chine a créé le Fonds de développement des ressources humaines pour l'Afrique.
Elle a organisé en Chine des stages et des programmes de formation sous diverses
formes au profit de près de 7 000 personnes.
Le Comité de Suivi chinois a envoyé des experts
dans six pays africains pour y organiser, et avec succès, des séminaires
consacrés aux thèmes comme la prévention et le traitement du paludisme, la
maïsiculture et l'utilisation de la technologie d'énergie solaire.
La Chine a apporté une contribution financière à
la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, créée à l'initiative
du FMI, en établissant un centre d'assistance technique en Afrique et en
organisant, dans le cadre du TCDC (training courses of developping countries),
une vingtaine de stages de formation technique et professionnelle pour les
Africains.
La coopération financière s'est intensifiée
progressivement. La Banque populaire de Chine a continué à contribuer au Fonds
africain de développement. Devenue aujourd'hui la plus grande actionnaire non
régionale de la Banque pour le Commerce et le Développement en Afrique orientale
et australe, la Chine s'est montrée active pour une prise de participation au
capital de la Banque ouest-africaine de développement. En coopération avec la
Banque africaine de développement, la Chine a fourni à l'Afrique une assistance
technique pratique, notamment dans le domaine agricole, et organisé sur son
territoire un séminaire sino-africain pour les hauts cadres sur la réforme
économique et la stratégie de développement.
La Chine a entamé le travail préparatoire pour
des projets pilotes de coopération agricole en Afrique. La mission chinoise
d'information agricole s'est déjà rendue dans des pays africains, et des
intentions de coopération se sont dégagées à la suite de ces
contacts.
Nous avons augmenté le nombre de bourses
d'études en Chine pour les étudiants africains. Des universités chinoises et
africaines, ayant établi des liens entre elles, ont mis en œuvre des projets de
coopération comme la construction de laboratoires et de centres
informatiques.
La Chine a signé ou renouvelé avec 40 pays
africains des protocoles sur l'envoi de missions médicales et continué à offrir
des médicaments, des instruments et équipements médicaux. Et elle a coopéré avec
les pays africains dans la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la
tuberculose.
La Chine et l'Afrique ont déjà démarré leur
coopération touristique. L'Égypte, l'Afrique du Sud et le Maroc figurent
désormais parmi les pays de destination approuvée pour les citoyens chinois.
Les pays africains ont fait un grand nombre de
propositions constructives sur l'élargissement de la coopération pragmatique
sino-africaine. Ils ont appliqué scrupuleusement les accords signés avec la
Chine et honoré les engagements qui en découlent. Ils ont déployé tous leurs
efforts pour assurer l'exécution dans les meilleures conditions des projets de
coopération bilatérale sur les plans économique et social.
Monsieur le Président,
Je ne saurais énumérer à cette occasion tout ce
qui a été réalisé dans le cadre du Forum au cours des trois dernières années.
Mais, nous avons toutes les raisons de déclarer que le Forum n'a pas déçu
l'attente ardente des peuples chinois et africains. Dans le contexte actuel, le
Forum joue un rôle croissant pour l'établissement d'un nouveau partenariat
sino-africain, caractérisé par la durabilité, l'égalité, les avantages
réciproques et la coopération globale. Les principes qu'il a consacrés, ceux du
renforcement des consultations et de l'élargissement de la coopération,
constituent des principes directeurs qui joueront longtemps pour le
développement des relations de coopération amicale sino-africaines.
Monsieur le Président,
Maintenant, l'aspiration des peuples du monde
pour la paix et le développement se fait plus pressante. Cependant, dans la
situation internationale, on constate plutôt une aggravation des incertitudes au
lieu d'une diminution ; on est confronté à l'entremêlement des menaces
classiques et non-classiques sur la sécurité, à l'élargissement du fossé
Nord-Sud et aux défis toujours plus sérieux que la mondialisation économique a
fait peser sur les pays en développement, notamment sur les pays africains.
L'échec de la réunion de Cancun de l'OMC nous rappelle la nécessité de
réfléchir, ayant en vue cet impératif qui s'impose, au renforcement de la
coopération Sud-Sud et du dialogue Nord-Sud et à l'instauration d'un nouvel
ordre économique international juste et équitable.
À cette occasion, je voudrais vous informer des
nouvelles mesures que le gouvernement chinois est prêt à prendre dans le cadre
du Forum :
1. Pratiquer un tarif douanier zéro pour une
partie des marchandises en provenance des PMA. Afin d'aider ces derniers à
accroître leurs exportations, à augmenter leurs recettes et à réduire la
pauvreté, le gouvernement chinois a décidé de leur accorder ce traitement. Les
négociations en question démarreront en 2004.
2. Augmenter le capital du Fonds de mise en
valeur des ressources humaines africaines. Le gouvernement chinois a pris la
décision d'appliquer, dans le cadre de ce Fonds, le Plan de formation entre le
gouvernement chinois et les gouvernements africains pour la période 2004-2006.
Il envisage une augmentation de 33 % du capital pour organiser 300 ateliers et
former 10 000 personnes pour l'Afrique dans les trois ans à venir. Dans le même
temps, la Chine accordera davantage de bourses d'études aux étudiants
africains.
3. élargir la coopération touristique en
encourageant les Chinois à aller voyager en Afrique. Le gouvernement chinois a
décidé d'accorder le statut de destination approuvée à 8 pays africains ayant
formulé la demande qui sont l'île Maurice, le Zimbabwe, la Tanzanie, le Kenya,
l'Éthiopie, les Seychelles, la Tunisie et la Zambie.
4. Le gouvernement chinois a décidé d'organiser
en 2004 le Festival des jeunesses chinoise et africaine, le festival
international « Rendez-vous à Beijing » dont l'Afrique sera le continent
d'honneur et le « Voyage de la culture chinoise en Afrique », de manière à
approfondir la connaissance mutuelle entre les peuples chinois et africains,
notamment entre les jeunes générations.
Nous sommes heureux de constater que la
Conférence des entrepreneurs chinois et africains qui s'est ouverte hier a
accueilli un grand nombre de participants. Il s'agit d'une nouvelle initiative
lancée par le Forum pour promouvoir la coopération entre les entreprises
chinoises et africaines. Parmi les chefs d'entreprise chinois présents à cette
conférence, beaucoup sont très connus en Chine et même dans le monde. Je
souhaite plein succès à cette conférence et appelle tous les participants à
œuvrer, par leur coopération plus fructueuse, au bonheur des peuples chinois et
africains.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
La première Conférence ministérielle du Forum
sur la coopération sino-africaine a adopté en 2000 la Déclaration de Beijing et
le Programme de coopération sino-africaine sur le développement économique et
social. Notre conférence adoptera, après examen, le Plan d'action d'Addis-Abeba
(2004-2006) du Forum sur la coopération sino-africaine. Dans l'esprit de ces
documents, que nous travaillions la main dans la main pour le bien-être des
peuples chinois et africains et l'avènement d'un monde meilleur !
Je vous remercie.
(15/12/2003)