SAINT-PETERSBOURG, 13 jullet (XINHUA) -- Le sommet
du G8, qui devrait s'ouvrir entre le 15 et le 17 juillet prochain à
Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale russe, est un
événement historique pour la Russie: une manière de démontrer
qu'elle mérite bien la présidence du G8, le club des pays riches.
Vladimir Poutine, Président de la Russie, utilisera
le sommet pour souligner plutôt l'indépendance de son pays par rapport au
club du G8 que son intention de s'appuyer sur lui. "Il a promis
de faire de la Russie une grande puissance qui joue un rôle très
important dans le monde et le sommet fournit une confirmation
visible : l'élite du monde vient chez nous", explique spécialiste de
la Russie à Moscou.
Pour de nombreux Russes, les principaux succès de
Poutine, dont le deuxième mandat se termine en 2008, ont été le
rétablissement de la stabilité, de la dignité nationale et, toutes
proportions gardées, d'une certaine prospérité.
La Russie avait été invitée dans le club des riches
alors qu'elle était faible, comme un moyen de stimuler sa construction
démocratique. Entre la Russie et l'Amérique, il y a eu deux lunes de
miel après la Guerre froide: sous l'illusion eltsinienne, puis après le 11
septembre, quand Bush voyait l'âme de Poutine au fond de ses yeux. Contre
l'islamisme radical, les deux pays avaient un intérêt commun: les Russes
ont donné un sérieux coup de main pour éliminer les talibans. Ensuite,
l'administration républicaine a agi comme si cette alliance était acquise.
Les américains ont déchiré le traité ABM
(antimissile) et organisé l'expansion de l'OTAN à l'Est sans trop se
préoccuper de la réaction de Moscou. La Russie était en fait humiliée,
comme elle l'était par sa faiblesse.
La Russie était, en 1998, plongée dans une crise
financière sans précédent. Sa monnaie, le rouble, s'était effondrée. Les
capitaux l'avaient abandonné massivement. Il croulait sous une dette
de 40 milliards de dollars. L'Etat russe avait même dû se déclarer
officiellement en défaut de paiement.
Vladimir Poutine a habilement mis à profit les
énormes ressources énergétiques de son pays pour regagner dans le monde
l'influence dont avait joui jadis l'Union soviétique. Après sept
années de Poutine au Kremlin, la Russie est de retour.
Grâce à une croissance moyenne de plus de 6,5% l'an,
à des surplus commerciaux substantiels aussi, Moscou a réussi à
rembourser toutes ses dettes, par anticipation même, contre le gré de
certains de ses créanciers. Le rouble s'est réévalué. Au-delà, le pays
s'est même constitué un joli magot - des réserves de 230 milliards de
dollars, les 4èmes du monde désormais. Une baisse de l'impôt sur les
sociétés et une amélioration de sa collecte ont enfin permis à l'Etat
russe de redevenir excédentaire.
La Russie a une activité diplomatique et économique
qui se remarque : maintien d'un dialogue avec le Hamas, traitement des
déchets nucléaires iraniens. C'est une grande première pour le
président russe qui accueille samedi ses pairs du G8 à
Saint- Pétersbourg, avec au menu le dossier énergétique. Pour autant,
Valdimir Poutine n'est pas prêt à abandonner le monopole de Gazprom
sur le transport du gaz entre la Russie et l'Europe.
Par ailleurs, selon un ministre russe, les
présidents George W. Bush et Vladimir Poutine signeraient un protocole
d'accord sur l'entrée de la Russie dans l'OMC lors de leur rencontre,
prévue vendredi à Saint-Pétersbourg, à la veille du sommet annuel du G8.
Les négociateurs américains avaient renoncé à exiger que les banques
étrangères soient autorisées à ouvrir des succursales en Russie, alors
qu'elles sont pour l'instant contraintes d'opérer par l'intermédiaire de
filiales opérationnelles. Fin