
BEIJING, 1er juillet (XINHUA) -- Alors que les
Tibétains se réjouissent de l'ouverture du chemin de fer Qinghai-Tibet,
véritable accès au "bonheur divin", des étrangers et notamment
des occidentaux se sont élevés contre ce projet avant même qu'il soit
lancé, évoquant le "génocide culturel" qu'induirait un afflux de
Hans, l'éthnie majoritaire chinoise.
Aussi légitime que soit leur
souhait de voir préserver la culture tibétaine, leur intention est en
réalité de préserver un certain status quo et le stéréotype culturel, dont
ils veulent continuer à profiter.

Mais les Tibétains ne sont pas dupes. Pourquoi le
Tibet ne pourra-il pas lui aussi bénéficer du progrès ?
Ce n'est pas la distance géographique mais bel et
bien une mentalité stéréotypée et une orientation politique qui conduisent
à ce genre de réaction.
Ces gens seront toujours opposés aux projets de
développement du gouvernement chinois au Tibet, sous prétexte de la
protection des intérêts des Tibétains, de leur culture et de leur
environnement.
En fait, le Tibet n'a jamais refusé la modernité et
même lorsque Lhasa n'était qu'un petit groupe de maisons, Norbu
Linkag, palais d'été du Dalaï Lama, avait des équipements modernes
occidentaux.
Leur attitude vis-à-vis du Tibet est
hypocrite.
Incontestablement, le chemin de fer bénéficiera aux
Tibétains, qui représentent 95 % de la population locale.
Le Tibet représente 1/8ème du territoire chinois,
mais sans chemin de fer, passagers et marchandises doivent être
transportés par bus, par camion ou par avion, des moyens soit lents, soit
onéreux.
L'accès limité aux transports et les coûts de
transport ont longtemps maintenu la région à l'écart du développement
économique, enfermé les Tibétains dans les montagnes et limité leur accès
aux soins médicaux, à l'éducation ou aux pélerinages.
Au Tibet, une tonne de charbon ou de ciment vaut 4
fois le prix national moyen et les coûts de transports sont 75 % plus
élevés.
Mais le rail va, tout en propulsant le Tibet vers la
civilisation, lui permettre de montrer au monde l'essence de sa
culture.
Lorsque le chemin de fer sera entièrement
opérationnel, la capacité totale de transport des produits et des
ressources du Tibet devrait être multipliée par 45.
Pour construire un chemin de fer respectueux de
l'environnement, le gouvernement chinois a consacré 1,5 milliards de yuans
(environ 180 millions de dollars), soit 5 % des investissements totaux, à
la protection de l'environnement.
33 passages ont été prévus pour permettre aux
animaux, et notamment aux antilopes tibétaines, de franchir la voie
ferrée. Le trajet du chemin du fer contourne également des cimetières et
lieux de culte tibétains qui ont ainsi pu être préservés.
Le développement est le choix commun de toute
l'humanité, et personne ne doit ni ne peut freiner le train de la
civilisation.
Pour rassurer définitivement les grands défenseurs
de la culture et de l'environnement, citons l'historien Basang Wangdu :
"Un Tibet coupé du développement économique et social ne mérite pas
les honneurs du Shangri-La". Fin