BANJUL, 27 juin (XINHUA) -- Le conseiller de Human
Rights Watch, l'Américain Reed Brody, a exprimé mardi à Banjul son
inquiétude quant à l'issue du verdict de l'affaire Habré, qui sera soumis
à l'approbation des chefs d'Etats et de gouvernement lors du 7éme
sommet ordinaire de l'Union africaine (UA), prévu du 1er au 2
juillet prochains à Banjul, capitale de la Gambie, a-t-on appris
mardi de bonne source.
Reed Brody a fait part de sa crainte de voir les
chefs d'Etat de l'UA choisir une "mauvaise solution" dans le dossier de
" l'affaire Habré".
"La Cour africaine de Justice dont on parle pour
juger Habré n'a pas encore vu le jour et ne dispose pas de procureurs,
encore moins de juges d'instruction, et de prisons et elle sera alors
dans l'incapacité de mener des enquêtes criminelles", a expliqué
M. Brody, en marge des travaux du Comité des représentants
permanents de l'UA qui se poursuivent à huis clos depuis dimanche à
Banjul.
Estimant "séduisante "l'idée de faire juger Habré
par une Cour africaine de Justice, il a toutefois souligné les
appréhensions du Collectif des victimes tchadiennes de devoir reprendre
toute la procédure de l'enquête menée par la Justice Belge.
Le Conseiller de Human Rights Watch affirme "avoir
confiance" aux éminents juristes désignés par l'UA pour examiner "les
différentes options" retenues pour faire juger l'ex-chef d'Etat
tchadien.
Les conclusions du comité des juristes africains
choisis par l'UA dont les noms n'ont pas été divulgués, seront soumises
seulement à l'appréciation des chefs d'Etat africains lors du sommet
de Banjul, indique-t-on.
L'idée de l'extradition de Hissène Habré ver la
Belgique pour y être jugé, réclamée depuis six ans par des organisations
des droits de l'Homme dont Human Rights Watch, ne semble pas
rencontrer l'assentiment de la majorité des chefs d'Etat
africains, qui prônent plutôt pour un examen de cette affaire par un
tribunal africain à créer.
A défaut d'une extradition vers la Belgique, Human
Right Watch a manifesté son accord pour que Habré soit jugé par un
tribunal sénégalais doté de "compétences élargies", selon M. Reedy.
Hissène Habré, qui s'était réfugié au Sénégal en
1990, après huit années au pouvoir, a été inculpé au Sénégal en 2000. La
justice sénégalaise s'était pourtant, par la suite, déclarée
incompétente pour le juger. En septembre 2005, après quatre
années d'enquête préliminaire, le juge d'instruction près le tribunal de
première instance de Bruxelles, M. Daniel Fransen, a inculpé
Habré pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de
torture.
La Belgique a demandé au Sénégal son extradition.
Les autorités sénégalaises ont arrêté M. Habré en
novembre 2005. La Cour d'appel de Dakar s'est pourtant, à nouveau, déclarée
incompétente, cette fois-ci, pour statuer sur la demande
d'extradition.
Cette décision de Justice laissait le champ libre au
président de la République du Sénégal pour se prononcer sur la demande
d'extradition. Le Sénégal a alors demandé à l'UA d'indiquer la
juridiction compétente pour juger cette affaire.
En janvier dernier, l'UA a désigné un groupe
d'experts juridiques afin d'examiner les options envisageables pour juger
Hissène Habré. Le Comité de juristes, qui s'est réuni à huis clos du
22 au 24 mai dernier, est appelé à soumettre ses recommandations au 7e
Sommet de l'Union africaine à Banjul. Fin