BANJUL, 26 juin (XINHUA) -- Il appartient aux chefs
d'Etat africains d'étudier le cas de l'ancien président tchadien Hissène
Habré lors du 7e sommet de l'Union africaine (UA), les 1er et 2
juillet à Banjul, la capitale de Gambie, a appris Xinhua, lundi, de
source diplomatique.
"C'est un sujet si sensible et si délicat que seuls
les chefs d'Etat peuvent l'aborder à cette étape. Ni les ambassadeurs ni
les ministres présents à cette rencontre de l'UA ne sont bien placés
pour discuter de cette question", a indiqué à Xinhua l'ambassadeur du
Mali accrédité auprès de l'UA, Djibril Ongoiba, en marge de la réunion des
représentants permanents des Etats africains à l'organisation continentale
basée à Addis Abeba.
De son côté, un représentant de la Belgique au
sommet de l'UA à Banjul a dit dans un entretien avec l'Agence de presse
officielle chinoise que son pays n'insisterait pas sur l'extradition de M.
Habré en Belgique pour le juger, à condition que l'Afrique arrive à
mettre en place un mécanisme capable d'en finir avec l'impunité, en jugeant
les coupables de crimes contre l'humanité.
Hissène Habré, qui s'était réfugié au Sénégal en
1990, après huit années au pouvoir, a été inculpé au Sénégal en 2000. La
justice sénégalaise s'était pourtant, par la suite, déclarée
incompétente pour le juger. En septembre 2005, après quatre
années d'enquête préliminaire, le juge d'instruction près le tribunal de
première instance de Bruxelles, M. Daniel Fransen, a inculpé
Habré pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de
torture. La Belgique a demandé au Sénégal son extradition.
Les autorités sénégalaises ont arrêté M. Habré en
novembre 2005. La Cour d'appel de Dakar s'est pourtant, à nouveau, déclarée
incompétente, cette fois-ci, pour statuer sur la demande
d'extradition.
Cette décision de Justice laissait le champ libre au
président de la République du Sénégal pour se prononcer sur la demande
d'extradition. Le Sénégal a alors demandé à l'UA d'indiquer la
juridiction compétente pour juger cette affaire.
En janvier dernier, l'UA a désigné un groupe
d'experts juridiques afin d'examiner les options envisageables pour juger
Hissène Habré. Le Comité de juristes, qui s'est réuni à huis clos du
22 au 24 mai derniers, est appelé à soumettre ses recommandations au 7e
Sommet de l'UA à Banjul. Fin