KHARTOUM, 20 juin (XINHUA) -- Le président
soudanais, Omar al- Béchir, a réaffirmé mardi son opposition à toute
intervention militaire des Nations unies au Darfour, dans l'ouest du
Soudan, où des conflits entre le gouvernement et les rebelles ont provoqué
une crise humaintaire.
Lors d'une conférence de presse en présence du
président sud- africain, Thabo Mbeki, à Khartoum, M. al-Béchir a rejeté le
projet d'intervention militaire onusienne au Darfour, et l'a assimilé à
une "recolonisation".
"Envoyer des forces onusiennes dans le cadre du
chapitre 7 (de la Charte des Nations unies) signifiera un déploiement de
forces coloniales au lieu de forces de maintien de la sécurité et de la
stabilité", a indiqué M. al-Béchir.
Le chapitre 7 de la Charte de l'ONU autorise le
déploiement d'une force multinationale sans consentement du pays concerné.
L'ONU envisage de déployer une force internationale au Darfour d'ici
la fin de l'année pour remplacer les troupes de l'Union africaine (UA),
chargées de maintenir la paix dans cette région.
Le président soudanais a laissé entendre qu'un
calendrier de recolonialisation se cache derrière le débat sur une
intervention militaire onusienne au Darfour, disant qu'"envoyer une force
onusienne semble maintenant devenir un objectif en soi-même
plutôt que d'être un moyen de rétablir la stabilité et la sécurité dans
la région".
Pour M. al-Béchir, le Soudan, en tant que membre de
l'ONU, aurait dû être consulté sur le rôle de cette organisation
internationale sur son territoire, avant qu'elle ne considère une
telle intervention.
Le Soudan s'attend à un succès de la mission de l'UA
au Darfour, la première de cette organisation panafricaine dans les efforts
pour régler les problèmes africains, a annoncé M. al-Béchir.
Pour sa part, M. Mbeki a exprimé le soutien de son
pays au Soudan en ce qui concerne le renforcement du rôle de l'UA au
Darfour, déclarant que l'ONU devait obtenir le consentement de
Khartoum et de l'UA avant de décider d'une telle intervention dans un
pays africain.
Le président sud-africain a effectué mardi une
visite officielle de 24 heures au Soudan, laquelle, selon lui, visait à
recueillir des informations sur la dernière évolution de la
situation dans le sud du pays et au Darfour. Fin