LIBREVILLE, 17 juin
(XINHUA)-- Le président du Congo- Brazzaville Denis Sassou-Nguesso a
fustigé récemment à Brazzaville le comportement des opérateurs économiques
qui ne respectent pas leurs engagements vis-à-vis de l'Etat congolais, et
menacé de sanctionner les magistrats corrompus qui acceptent des
pots-de-vin pour accorder la liberté à des opérateurs écroués pour
malversations, a-t-on appris samedi d'une information en provenance
de Brazzaville.
La colère du président congolais est consécutive au
constat de désolation qu'il a fait récemment à Ouenzé (5e arrondissement
de Brazzaville), où l'entreprise Italget Construction commise pour
la construction de l'hôpital de référence a reçu 817 millions de
francs CFA sur 1,3 milliard de francs CFA du coût global du
chantier, mais n'a même pas exécuté le tiers des travaux démarrés en
2002.
Selon un témoin, le président congolais, en colère,
a failli gifler l'opérateur, un responsable d'Italget qui tentait de se
justifier.
"Vous n'avez rien à dire. Vous devez seulement vous
taire, je poursuis ma visite. Si vous continuez de parler, je pense que
vous ne passerez pas votre journée à l'air libre, je vais vous jeter
en prison", a menacé M. Sassou-Nguesso.
Le chef de l'Etat congolais organisait une visite
des chantiers lancés il y a plusieurs mois, pour s'imprégner
personnellement de l'état d'avancement des travaux.
Il a demandé la mise sous surveillance directe des
responsables des entreprises compromis, et instruit le gouvernement de
convoquer, dans des brefs délais, les responsables de toutes les
entreprises, en vue de faire le point et d'établir les
responsabilités de l'Etat et de ces sociétés.
Denis Sassou-Nguesso a dénoncé la mauvaise foi des
magistrats qui accordent la liberté aux opérateurs économiques véreux.
M. Sassou-Nguesso a changé son style, estiment les
populations de Brazzaville. Il se fait de plus en plus l'homme de terrain,
indiquent-ils. Fin