ROME, 19 mai (XINHUA)
-- Les Européens, sous certains aspcets, s'alimentent bien plus mal
aujourd'hui qu'il y a 45 ans, a indiqué l'Organisation des Nations Unies
pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) lors d'une réunion
internationale sur l' obésité qui se tient mercredi et jeudi à Rome.
Josef Schmidhuber, économiste à la FAO, a affirmé
que le régime alimentaire au sein de l'Union européenne (UE) restait trop
riche en graisses, notamment en acides gras saturés, sucres et
cholestérol, bien que les habitants de l'UE consomment davantage de
fruits et de légumes aujourd'hui.
Il a ajouté que dans les pays méditerranéens, les
régimes alimentaires sont plus sains qu'ailleurs en Europe, mais on
notait aussi certains signes tangibles de détérioration de la diète
méditerranéenne.
Le Dr Marc Danzon, directeur régional de l'OMS pour
l'Europe, a indiqué pour sa part que les classes les plus pauvres de la
société sont les plus affectées par la surcharge pondérale et
l' obésité.
L'obésité est l'un des plus grands défis auxquels
est confrontée la santé publique au XXIe siècle, a rappelé la FAO,
dans de nombreux pays européens, sa prévalence a triplé depuis
les années 80, et le nombre des personnes affectées, notamment des
enfants, continue à augmenter à un rythme alarmant.
Dans diverses parties de l'Europe, l'obésité
représente entre 2 et 8 % des dépenses de santé et 10 à 13 % des
décès.
Guy Nantel, nutritionniste à la FAO, a déclaré que
l'obésité n' était pas circonscrite aux pays riches et développés mais
devenait également un problème dans les pays en développement.
L'adoption d'habitudes alimentaires occidentales et
des modes de vie de plus en plus sédentaires font grimper rapidement les
taux d'obésité dans les pays en développement et touchent en premier
lieu les femmes, selon M. Nantel.
l'OMS estimait, pour sa part, à 300 millions le
nombre d'obèses adultes et à 115 millions le nombre de personnes souffrant
de problèmes liés à l'obésité dans les pays en développement.
M. Nantel a cité l'exemple de la Chine où 23 pour
cent de la population adulte sont aujourd'hui en surpoids ou obèses.
Eric Kueneman, responsable de la Division de la
production et de la protection des plantes à la FAO, a indiqué qu'une
solution partielle au problème de l'obésité serait de consommer plus de
fruits et légumes.
Une initiative conjointe de la FAO et l'OMS pour
promouvoir la consommation de fruits et légumes est actuellement en cours,
a-t- il ajouté.
La réunion de Rome a rassemblé les représentants des
secteurs de la nutrition et de l'agriculture d'Etats européens collaborant
avec les bureaux régionaux de l'OMS et de la FAO pour l'Europe. Elle
avait pour but de définir des options stratégiques, telles que la
promotion du secteur primaire, les politiques fiscales et certaines
recommandations en matière de marketing pouvant contribuer à lutter contre
l'épidémie d'obésité et de maladies non transmissibles connexes. Fin