ROME, 17 mai (XINHUA) -- Le Premier ministre italien
de centre-gauche Romano Prodi, nouvellement nommé, a révélé mercredi
la composiion de son cabinet, qui comprendra des poids-lourds
politique comme Massimo D'Alema et Giuliano Amato ainsi que
l'économiste indépendant respecté Tommaso Padoa Schioppa.
M. Prodi, ex-commissaire européen sans parti propre,
a publié une liste de 25 membres à l'issue d'entretiens avec le nouveau
président italien Giorgio Napolitano, dont l'approbation formelle
est requise pour l'entrée en fonctions de ce cabinet.
Le Premier ministre, qui dirige une coalition
difficile de neuf partis, a déclaré par la suite que son gouvernement était
"très homogène" et solide.
"Cela ne sera pas une équipe conflictuelle mais une
équipe capable de travailler ensemble (...) elle durera pour l'ensemble
de la législature (de 5 ans) (...) J'en suis très satisfait", a
déclaré M. Prodi, dont le premier gouvernement, entre 1996 et
1998, avait été renversé par le départ d'un allié.
Le nouveau cabinet a prêté serment mercredi à la
présidence à 16h30 heure locale (15h30 GMT), 10 ans après l'investiture du
premier gouvernement de M. Prodi.
Cette cérémonie a eu lieu cinq semaines après que M.
Prodi, âgé de 66 ans, eut remporté une victoire électorale des plus
étroites contre l'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi.
L'étape suivante sera d'obtenir le vote de confiance
du Sénat jeudi matin, puis celui de la Chambre basse.
M. Prodi, ex-professeur d'économie de tendance
Catholique, a du faire face à la tâche difficile de former un gouvernement
avec tant d'alliés rivalisant pour les postes en vue.
M. D'Alema, ex-Premier ministre et dirigeant du
parti des Démocrates de gauche (DS, plus important allié de la coalition),
a obtenu le portefeuille des Affaires étrangères et l'un des deux
postes de vice-Premier ministre.
Giuliano Amato, ex-socialiste et ex-Premier ministre
âgé de 68 ans, reçoit comme attendu le ministère de l'Intérieur.
Tommaso Padoa Schioppa, ex-membre du bureau des
gouverneurs de la Banque centrale européenne, sans parti d'affiliation,
devient ministre de l'Economie, un choix que plusieurs experts jugent
idéal pour redonner confiance dans la capacité de l'Italie à sortir
des difficultés financières.
Francesco Rutelli, dirigeant du parti de la
Marguerite (centre- gauche et pro-catholique, deuxième plus grand allié de
la coalition), sera ministre de la Culture et du Tourisme, et
vice- Premier ministre.
Clemente Mastella, à la tête du parti centriste
catholique UDEUR, obtient le ministère de la Justice, et devra renoncer à
la Défense, comme sa rivale pour ce poste Emma Bonino. Mme Bonino,
du parti de la Rose au poing, sera ministre sans portefeuille,
tandis que la Défense ira à Arturo Parisi, influent responsable de la
Marguerite.
Pierluigi Bersani sera ministre de l'Industrie,
poste qu'il a déjà exercé, et Livia Turco, ex-ministre des Affaires
étrangères, aura le portefeuille de la Santé. Tous deux sont membres du
parti DS, qui représente au total neuf ministères du nouveau
gouvernement.
Paolo de Castro, à l'Agriculture, est un ex-membre
du parti de la Marguerite, lequel totalise sept ministres (dont trois sans
portefeuille).
Antonio Di Pietro, du parti Italie des Valeurs,
recevra le ministère de l'Agriculture; Alfonso Pecoraro Scanio (Verts),
celui de l'Environnement; Alessandro Bianchi (Parti communiste italien,
PDCI) celui des Transports, et Paolo Ferrero, du parti
Refondation communiste (PRC), celui de la Solidarité sociale.
La Rose au poing (RNP), une alliance de deux petits
partis libertaires et anticléricaux dont Mme Bonino est la seule
représentante au gouvernement, est le grand perdant de cette
distribution, et la ministre sans portefeuille, à la sortie de
discussions de dernière minute avec M. Prodi, a déclaré "nous sommes
déçus". Fin