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Un haut responsable catholique chinois soutient la nomination  indépendante d'évêques en Chine
  2006-05-17 09:12:12  

      BEIJING, 16 mai (XINHUA) -- La nomination et l'ordination  indépendante d'évêques par la Chine est le seul moyen de répandre  l'Evangile dans le pays, a estimé Liu Bainian, vice-président de  l'Association catholique patriotique de Chine dans une interview  exclusive à Xinhua, mardi. 

     "L'Eglise catholique chinoise doit avoir son développement  prospère à la pratique ancienne de nomination et d'ordination de  ses propres évêques et de gestion indépendante des églises", selon lui. 

     La Chine compte aujourd'hui 5 millions de fidèles, contre 2,7  millions en 1958, selon les statistiques publiées par  l'association. 

     "Le développement du catholicisme en Chine a été bien plus  important ces vingt dernières années qu'il ne l'avait été pendant  300 ans", a-t-il précisé. 

     Historiquement, un évêque peut être choisi par les croyants,  nommé par un empereur et consacré par un diocèse. 

     "La nomination des évêques par le Pape est une pratique  relativement récente apparue il y a 200 ans", a rappelé Liu. 

     En 1980, la Chine comptait seulement 33 évêques pour 97  diocèses, or un diocèse sans évêque signifie que l'Eglise n'est  pas présente, ce qui posait un grave problème. 

     La même année, un congrès national de catholiques chinois  décide de maintenir le principe, établi en 1958, de nomination et  d'ordination indépendante des évêques, afin de remédier à ce  problème et de développer rapidement le catholicisme en Chine. 

     Depuis 1979, la Chine a ordonné plus de 110 évêques selon ce  principe. 

     Des 1 100 évêques que comptait la Chine en 1980, seuls 100 sont encore vivants, "mais leurs successeurs, plus de 1 800 jeunes  prêtres, officient dans plus de 6 000 églises dans tout le pays",  précise Liu. 

     A ce jour, la Chine a envoyé plus de 200 prêtres à l'étranger  pour qu'ils améliorent leurs connaissances et leur formation  religieuse. 100 d'entre eux sont déjà revenus. 

     "Les faits montrent que les évêques choisis et ordonnés sont  qualifiés", estime Liu. "Nous espérons que cela contribuera à  promouvoir les relations entre la Chine et le Vatican". 

     Dans l'intérêt de l'Eglise chinoise, les prêtres chinois  doivent être pieux et patriotes. 

     "La Chine ne permettra jamais un retour à la situation  religieuse du temps du semi-colonialisme ou du semi-féodalisme, ni ne tolèrera de domination étrangère", a déclaré Liu. 

     Pour lui, une Eglise catholique qui n'est pas patriotique est  une Eglise sans avenir. "Elle serait vouée à l'échec si les  évêques qu'elle se donne vont à l'encontre du système socialiste  chinois". 

     "Le patriotisme est un critère à la fois pour l'Eglise chinoise et le peuple chinois", déclare-t-il. 

     "Comme cela se passe dans les autres pays, il est raisonnable  que les catholiques chinois coopèrent avec leur gouvernement". 

     Liu a rappelé que le Vatican et les Etats-Unis ont négocié  pendant 103 ans avant l'établissement de relations formelles et  que l'histoire nous montre que personne ne peut dire quand la  Chine et le Vatican auront des relations diplomatiques. 

     "Pouvons-nous attendre 50 ans si les négociations prennent  autant de temps ? Et si elles échouent, devons-nous pour autant  cesser de répandre l'Evangile ?", s'interroge-t-il. 

     Pour lui, les différences et les différends entre la Chine et  le Vatican ne sont pas une mauvaise chose. 

     Selon les statistiques officielles, fin avril 2006, 38 des 97  diocèses chinois n'avaient pas d'évêque et plus de 30 évêques  avaient plus de 80 ans. 

     En 1958, la Chine a élu deux évêques et a soumis cette  nomination au Vatican sous forme de rapport pour en obtenir une  approbation qui lui a été refusée. 

     "Le rapport mentionnait pourtant clairement que ces nominations étaient dans l'intérêt des catholiques chinois", souligne Liu. 

     Le Vatican a menacé d'excommunion les personnes se rendant aux  consécrations, à la stupéfaction de l'Eglise chinoise. 

     Afin de sauvegarder les intérêts des catholiques chinois, 23  provinces ont décidé d'ordonner les évêques elles-mêmes, une  pratique admise en Chine. 

     Depuis avril dernier, l'Eglise catholique chinoise a ordonné  les évêques de Suzhou, Kunming, Anhui et Liaoning après en avoir  informé le Vatican. 

     Mais le pape Benoît XVI a qualifié ces consécrations de menaces pour son autorité. 

     Un porte-aprole de l'Administration d'Etat pour les Affaires  religieuses a récemment déclaré que les critiques du Vatican sur  la Chine n'avaient "pas de sens". 

     "Le gouvernement chinois a récemment informé le Vatican de la  nomination d'évêques dans plusieurs diocèses mais le Vatican y a  réagit d'une manière qui va à l'encontre de son souhait de voir  s'améliorer ses relations avec la Chine", a-t-il souligné. 

     "Le gouvernement chinois est sincère dans son intention  d'améliorer ses liens avec le Vatican et agit sans relâche dans  cette optique", selon lui. Fin 

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