OTTAWA, 14 mai (XINHUA) -- Le Canada a présenté ses
excuses dimanche à propos de l'incident qui s'est produit à l'aéroport
international Pearson, de Toronto, impliquant l'ancien président
sénégalais, Abdou Diouf, qui est à présent le secrétaire général de la
Francophonie.
M. Diouf, qui était en route pour Manitoba, le
chef-lieu de la province de Winnipeg, afin de participer à une réunion des
ministres des Affaires étrangères des pays de la Francophonie, a été
soumis à une recherche au corps à son arrivée à l'aéroport de Toronto la
semaine dernière.
Du fait que, ni le gouvernement canadien, ni M.
Diouf, n'ont fait de commentaire sur cet incident, on ignore si la
recherche était une simple vérification avec un appareil détecteur de
métaux ou quelque chose de plus conséquent.
"Nous avons exprimé nos profonds, je le souligne,
nos profonds regrets pour cet incident", a déclaré en français la ministre
canadienne de la Coopération internationale, Josée Verner, à des
journalistes alors qu'elle s'asseyait à côté de M. Diouf à la fin de
la réunion, selon des informations parvenues dimanche depuis
Winnipeg.
Interrogée sur la question de savoir si elle pouvait
admettre qu'une erreur avait été commise, Mme Verner a répondu : "Ce que
je vous dis c'est que nous avons exprimé notre profonde admiration
et notre profond respect pour M. Diouf".
Comme le ministre sénégalais des Affaires
étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a demandé "des excuses sincères et
publiques" de la part du Premier ministre canadien, Stephen Harper, il
n'est pas sûr que l'expression des regrets de la ministre soit
suffisante.
Le ministre sénégalais, qui est aussi à Winnipeg, a
affirmé que l'incident était "extrêmement grave" pour le Sénégal et a
montré du non respect à l'encontre de M. Diouf.
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter
Mackay, a indiqué que les autres responsables canadiens et lui-même ont
présenté leurs "excuses" pour l'incident. Il a ajouté qu'il
envisageait de faire des excuses en personne à M. Diouf.
Le chef du parti de l'opposition canadienne
(libéraux), a critiqué le "refus obstiné" du Premier ministre canadien de
publier des excuses publiques formelles.
Durant les travaux de la réunion, les ministres des
Affaires étrangères se sont mis d'accord sur un projet de déclaration
visant à élargir les droits de l'Homme dans les pays membres.
La Francophonie comprend des pays ravagés par la
guerre, comme le Rwanda et la Côte-d'Ivoire, et d'autres nations comme
celles appartenant au Commonwealth britannique, elle n'a pas de réel
pouvoir pour intervenir dans les affaires intérieures de ses pays
membres. Fin