OUAGADOUGOU, 14 mai (XINHUA) -- En marge de
l'ouverture officielle des Assemblées générales, la Banque africaine de
développement (BAD) et la Commission économique africaine (CEA)
tiennent, dimanche à Ouagadougou, un atelier sur la problématique de
la promotion du secteur privé.
Placé sous le thème : "renforcement des capacités
des communautés rurales par la promotion du commerce : approche du
secteur privé", cet atelier se penche sur cinq problématiques du
développement du secteur privé africain.
Cet atelier met également l'accent sur les
contraintes auxquelles font face les associations de petits producteurs,
en particulier celles en zones rurales, pour accéder aux marchés
internationaux.
Les conditions préalables permettant aux producteurs
et à leurs associations de mieux se conformer aux normes du marché
international, le rôle joué par les importateurs/grossistes et
les organismes de certification seront aussi abordés.
Les participants réfléchiront par ailleurs sur le
rôle des intermédiaires financiers, le rôle de la BAD et des autres
partenaires au développement dans les efforts de soutien en vue
d'avoir un meilleur accès aux marchés internationaux.
Au cours de cet atelier, les acteurs et
accompagnateurs du secteur privé, notamment les représentants
d'associations de producteurs présenteront les expériences concrètes des
difficultés qu'ils rencontrent sur le terrain.
La représentante de l'Association des producteurs du
Burkina, Mme Félicité Traoré a relevé l'insuffisance de formation des
producteurs et leur méconnaissance du marché.
C'est pourquoi, l'Expert Artisanat africain et PME
du Sénégal, M.Ahmed Sadji a insisté sur le fait qu'il faut mettre un
accent sur la formation afin d'être compétitif sur le marché.
Le directeur du département du secteur privé de la
BAD, M. Luciano Borin dans son exposé préliminaire a, à son tour, relevé
qu'il est particulièrement difficile de cibler les petites et
moyennes entreprises (PME) en Afrique.
Rappelant que leur capitalisation est également loin
d'être optimale, M. Borin a également évoqué la faiblesse des structures
de production et de financement.
"Le manque des moyens financiers des PME africaines
se conjugue avec la rareté des cadres formés, de lien avec les marchés, de
l'absence de développement de service commercial et de réseaux
associatifs", a-t-il fait remarquer.
Selon un rapport de la BAD, le volume des échanges
internationaux a triplé au cours des 20 dernières années, mais
les avantages qui en découlent sont inégalement repartis.
Selon le même rapport, en 1980, la part de l'Afrique
dans le commerce mondial était de 6%. En 2002, elle a chuté à 2%
seulement, alors que le continent représente 12% de la population mondiale.
"Avec seulement un point de pourcentage
supplémentaire du commerce mondial, l'Afrique gagnerait 70 milliards de
dollars américains de plus en termes de revenu annuel", a expliqué M.
Luciano Borin.
A titre d'exemple, M. Borin cite le café africain
largement disponible dans les rayons des supermarchés européens, mais le
producteur africain ne reçoit que 4% du prix de détail du
produit.
Initiée par la BAD et présidée par le ministre
burkinabé en charge du Commerce, Bénoït Ouattara, cette série de session
de formation destinée au renforcement des capacités par son
caractère original est une innovation aux assemblées générales de
l'institution. Fin