LOME, 11 mai (XINHUA) -- L'attaquant d'Arsenal
Emmanuel Adebayor, après une Coupe d'Afrique des nations ratée et marquée
par une sévère prise de bec avec le sélectionneur d'alors,
Stephen Keshi, doit une revanche aux Eperviers lors de leur première
Coupe du monde de football, en juin en Allemagne, a-t-on appris jeudi
du site web de la présidence togolaise.
Le long et élancé Adebayor (1,90 m, 74 kg), 22 ans,
avait, presqu'à lui seul, qualifié les Eperviers pour la CAN et le
Mondial,marquant 11 buts en qualifications, ce qui fit de lui le
meilleur buteur de la zone Afrique. Très attendu en Egypte en
janvier, il y a vécu un cauchemar.
Après une première défaite contre la RD Congo (2-0),
Adebayor annonce avec fracas son départ pour se raviser quelques heures
plus tard. Il reprochait à Keshi de lui avoir annoncé dans un
premier temps qu'il ne serait pas titulaire avant de changer d'avis
in extremis.
Quelque chose se casse avec Keshi et le groupe en
paye les pots cassés: deux défaites plus tard, les Eperviers rentrent au
nid les ailes coupées.
"Nous n'avons pas fait une bonne Coupe d'Afrique des
nations et nous avons une revanche à prendre pour montrer ce que nous
pouvons faire, assure Adebayor. Je suis très motivé par la Coupe du
monde, c'est le plus grand tournoi du monde. J'ai vraiment hate".
Au Mondial, le fer de lance des Eperviers, souvent
comparé à l'avant-centre nigérian Nwankwo Kanu pour sa longiligne
silhouette, va devoir faire oublier cette image de gamin instable, et
montrer que son parcours réussi, des rues de Lomé à celles de Londres,
démontre une force et un caractère hors du commun.
Dès 15 ans, Adebayor fait en effet ses valises pour
Metz, en France, un club qui l'a repéré lors d'un tournoi de jeunes. Alors
que des centaines de jeunes Africains peinent à éclore à leur
arrivée en Europe, le Togolais perce vite, très vite.
A 17 ans, il joue son premier match en première
division française et se fait progressivement une place à la pointe de
l'attaque messine. Mais le club de l'est de la France est relégué en
deuxième division.
Le caractère bouillant du garçon l'amène à claquer
la porte de Metz en 2003, à 19 ans et malgré la remontée de son club. Il
veut encore donner un coup d'accélérateur à sa carrière et part à
Monaco,qualifié pour la Ligue des champions.
Dans la Principauté, Adebayor est pris en main par
le Congolais Shabani Nonda. Naguère un peu dilettante, se reposant
trop sur ses qualités techniques naturelles et sa vitesse, Adebayor
devient plus sérieux et travaille son adresse devant le but.
Mais malgré huit buts en championnat, il laisse les
supporters monégasques sur leur faim, barré par Fernando Morientes. Il ne
participe que de manière épisodique à la splendide campagne de
Monaco en Ligue des champions, conclue par une finale perdue face au
FC Porto (3-0).
La saison suivante, après le départ de Morientes, il
trouve plus aisément le chemin des filets: 14 buts toutes compétitions
confondues. Mais ses envies de départ ressurgissent en 2005 après
l'arrivée de Francesco Guidolin à la place de Didier Deschamps,
l'entraîneur qui l'avait fait venir à Monaco.
En janvier, il réalise enfin son véritable rêve:
l'Angleterre. Arsenal lui tend les bras. Comme d'habitude, Arsène Wenger a
intelligemment préparé l'avenir. Thierry Henry étant donné
partant, en cas de transfert du Français cet été, les Gunners auront sous
la main un nouveau canonnier. Fin