DAKAR, 7 mai (XINHUA) -- Victor Mooney, un
Africain-Américain de 41 ans, a entamé dimanche à partir de l'île de Gorée,
à 3 km au large de Dakar, une traversée de l'océan Atlantique à la rame et
en solitaire sur un trajet de 8 000 miles, a constaté Xinhua sur
place.
Cette pérégrination en haute mer, dénommée "Gorée
Challenge" ( "défi de Gorée"), le mènera du Sénégal jusqu'aux Etats-Unis,
via l'Amérique du Sud et les Caraïbes, à bord d'un bateau en bois de
24 pieds équipé d'appareils de télécommunication sophistiqués, a
précisé M. Mooney peu avant son départ dans un entretien avec la
presse sur l'île de Gorée, où furent déportés vers les Amériques
plus de 20 millions d'Africains, du 15ème au 18ème siècles.
M. Mooney devrait se rendre au Brésil, qui a des
liens historiques avec l'Afrique, à l'appel du président brésilien
Lula.
Le trajet représente la deuxième étape du voyage
triangulaire visant à "rendre hommage à mes ancêtres déportés vers les
Amériques, mais également à sensibiliser à la lutte contre le sida ",
a expliqué cet Africain-Américain au regard ferme, aux muscles développés
et au moral de fer.
"Je prie Dieu qu'il me donne la force de traverser
l'océan à la rame pour faire prendre cette conscience et d'honorer la
mémoire de nos ancêtres qui sont morts dans ces mêmes eaux (océan
Atlantique), et qui ont vécu et travaillé dans les plantations
aux Caraïbes et en Amériques", a déclaré M. Mooney.
"J'espère qu'à la fin de ce voyage, un mécanisme
pourra être mis en place et qui permettra à un million d'Africains de
commencer à recevoir des traitements anti-rétrotivaux (ARV).
C'est mon rêve, et le but" de la traversée, a ajouté Victor Mooney,
responsable informatique dans une école d'excellence de Brooklyn.
Il a indiqué avoir mis en place un site internet où
ses contacts sur la terre ferme et lui-même pourront communiquer et
où certains pourront faire des dons pour la cause.
Il a dit à Xinhua que son épouse, Su-ping Gong, une
Chinoise, et son fils Jun-jie Mooney, âgé de 7 ans, communiqueront avec
lui par téléphone et internet tout au long de son voyage sur l'onde
amère.
Juste avant de partir, M. Mooney s'est rendu à pied
à la Maison des Esclaves, s'est recueilli dans chaque cellule du
rez-de- chaussée, en couvrant son corps de poussière de peinture devant
plusieurs habitants de Gorée, émus jusqu'aux larmes.
M. Moonye a rampé dans le couloir donnant sur la
porte appelée "du voyage sans retour", qu'il a ensuite franchie pour se
lancer à la mer et attendre à la nage son embarcation repeinte en rouge et
blanc.
Interrogé sur la durée de la traversée, il a répondu
qu'il en avait pour "sept ou huit mois" de voyage, sans escale prévue
avant au moins 3 000 miles.
"Nous verrons. Je n'ai pas de modèle, je traite avec
les éléments. Ma mission s'achèvera lorsque j'arriverai au pont de
Brooklyn", a précisé M. Mooney, qui se permettra une pause d'une
demi-heure après avoir ramé toutes les deux heures.
Ses "mères spirituelles", Delois Blakely et sa
tante, ont prié pour lui sur la Porte "sans retour". Elles ont dit à un
correspondant de Xinhua présent sur le lieu que plus d'un million de
personnes dans le monde priaient en ce moment pour que "Victor arrive à
destination sain et sauf". Fin