NEW YORK (Nations
Unies), 5 mai (XINHUA) -- Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi
Annan, a appelé jeudi à l'ouverture d'entretiens directs entre les
Etats-Unis et l'Iran, afin de résoudre pacifiquement le dossier nucléaire
iranien.
M. Annan a formulé cette proposition lors d'une
interview accordée à The NewsHour, une émission d'une chaîne de
télévision publique américaine. Il a fait remarquer que si
Washington rejoint la table de négociation, ce serait plus évident
pour répondre aux préoccupations de tous les dépositaires des enjeux et
des protagonistes clés.
M. Annan a fait savoir que durant les négociations
antérieures entre l'Iran et les poids lourds de l'Union Européenne, à
savoir : la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, il avait eu
l'impression que les Iraniens avaient toujours été hésitants à
prendre des engagements complets, car peu importait le sujet sur
lequel ils discutaient avec les Européens, celui-ci devait tout
de même être examiné avec les Etats-Unis.
M. Annan s'efforce depuis longtemps de chercher une
solution diplomatique au dossier du nucléaire de l'Iran. Il a estimé que
les Iraniens pourraient découvrir sous peu qu'ils se trouvaient dans
une situation difficile après avoir assuré au monde qu'ils ne cherchaient
pas à fabriquer de l'armement nucléaire.
S'il avait été permis à l'Iran d'employer l'énergie
nucléaire à des fins pacifiques, "et qu'il en avait été fait autrement,
comment l'expliqueraient ils au monde", a-t-il interrogé.
Téhéran, qui insiste sur le fait que ses ambitions
nucléaires sont à des fins pacifiques et a rejeté un appel lancé par les
Nations Unies lui demandant d'interrompre l'enrichissement
d'uranium, a affirmé qu'il disposait d'uranium enrichi dont le
niveau est proche du maximum compatible avec l'usage civil dans des
centrales.
Les Etats-Unis, soutenus par leurs alliés de l'UE
(Grande- Bretagne, France et Allemagne), ont peur que l'Iran n'avance sur
un chemin aboutissant à la construction d'un arsenal nucléaire sous
couverture de développement de l'énergie atomique, et ont l'intention
d'invoquer le chapitre sept de la Charte des Nations Unies, une issue qui
permet d'ouvrir la voie pour imposer des sanctions voire même de recourir
finalement à la force pour geler les activités nucléaires de l'Iran.
Fin